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Le vélo pour mieux progresser en course à pied

Après avoir évoqué l’intérêt des modes d’entraînement alternatifs, en particulier des disciplines portées (voir ici), place aux cas concrets. Premier acte avec les bienfaits que la pratique du vélo peut apporter aux coureurs, et les conseils de Patrick Bringer, entraîneur fédéral hors stade.

Autrefois considérée avec scepticisme, la pratique rallie aujourd’hui tous les suffrages : rouler à vélo, c’est (aussi) un moyen de progresser en course à pied. « C’est désormais communément admis, y compris par les puristes, se réjouit Patrick Bringer, entraîneur et deux fois médaillé de bronze individuel aux Mondiaux de trail (2011, 2015), par ailleurs ancien triathlète. Cela fait consensus : utiliser un sport porté comme le vélo permet la récupération active après une compétition longue, d’éviter les risques de blessures ou de mieux reprendre après une coupure, ou encore de se renforcer musculairement. » Sans compter que se transformer de temps à autre en cycliste rompt la routine de l’entraînement, et peut avoir des vertus sur la motivation. Que du bonheur, donc.

Récupérer sans les chocs

Après une longue compétition, le vélo permet d’abord de récupérer sans subir les chocs induits par la course. « Dans les 48 - 72 heures qui suivent une épreuve, voire plus si la compétition a vraiment été longue, c’est un vrai atout, estime l’entraîneur. On dit qu’il faut éviter de courir pendant une journée pour dix kilomètres parcourus, mais le vélo permet d’effectuer une récupération active, surtout si on ajoute quelques petits sprints courts dans sa sortie. Puis, en s’éloignant du jour de la course, on peut reprendre tranquillement le footing. »

S’entraîner plus, mais sans risques

Le débat est toujours le même : s’entraîner plus, pourquoi pas, mais la fatigue induite sur l’organisme doit pourvoir être assimilée pour en profiter, et éviter, surtout, de se blesser. Ajouter non pas un footing mais une séance de vélo à son entraînement hebdomadaire permet de s’entraîner davantage, mais là encore sans chocs ou contraintes supplémentaires. « On peut en effet remplacer 45’ de footing par deux heures de vélo, car il faut allonger un peu les durées quand on roule, précise Patrick Bringer. Ou bien coupler les deux, avec par exemple 1h30 de vélo suivie de 45’ de course à pied. On s’entraîne plus longtemps, mais avec moins de traumatismes : la méthode est très intéressante pour les débutants ou les amateurs de longues distances. »

Acquérir de la puissance

Avouons-le : les coureurs hors stade ne s’astreignent pas forcément avec assiduité aux séances de PPG ou de musculation. Or le renforcement musculaire reste indispensable à une bonne pratique de la course. « Surtout les coureurs de 40 - 50 ans ou plus, car avec l’âge, on perd surtout de la force, note le coach. Renforcer ses quadris grâce au vélo permet de ne pas se blesser, mais aussi, pour ceux qui s’alignent sur des courses vallonnées mais manquent de puissance, de travailler cet aspect des choses. »

Reprendre après une blessure

Après un pépin physique, alterner vélo et course pour mieux reprendre en douceur reste sans doute la plus sage des attitudes à adopter. « Cela permet aussi de bien harmoniser les chaînes musculaires chez des gens qui pratiquent parfois la course à pied depuis très longtemps, mais toujours sur le même type d’effort. Dans leur cas, c’est même important » juge le spécialiste du trail.

Des modalités de pratique différentes

Une fois intégrés ces préceptes, reste quelques points à garder à l’esprit. Les pratiques de la course et du vélo, si elles sont complémentaires, ne sont pas forcément totalement identiques. « On met par exemple beaucoup plus de temps à arriver à sa VMA en vélo qu’à la course, note l’entraîneur. C’est pour cette raison qu’il peut être utile de travailler sur une côte en vélo si on veut atteindre des fréquences cardiaques élevées, et effectuer un travail de fractionné. Pour remplacer un 3x2000 m en courant, on peut imaginer un 3 x 10’ en côte. Mais il faudra prendre des récupérations plus longues pour pouvoir développer la même puissance à chaque répétition. » Enfin, attention aux détails techniques importants sur un vélo - en particulier sa position. « Il est toujours utile de se faire conseiller, au début, par quelqu’un qui connaît bien la discipline pour éviter d’adopter une mauvaise position et d’engendrer une blessure. » Se blesser à vélo pour un coureur : avouons que ce serait, en effet, paradoxal…

« Le vélo permet la récupération active, d’éviter les risques de blessures ou de mieux reprendre après une coupure, ou encore de se renforcer musculairement. »

Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 28/10/2016 à 17:04 - mis à jour le 28/10/2016 à 17:13

Entraînement - Point clé

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