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Courir seul : attention aux écueils !
Beaucoup de coureurs, par contrainte plus souvent que par choix, s’entraînent seuls. Si la situation n’est pas idéale, on peut toutefois s’y adapter pour mener à bien son programme. A condition d’éviter certains pièges et de respecter sa ligne de conduite.
 
Les contraintes de la vie familiale ou professionnelle les y poussent parfois, à moins qu’il ne s’agisse d’un choix assumé. Mais la réalité est là : beaucoup de coureurs, volontairement ou non, s’entraînent seul. Ce qui, précisons-le d’emblée, n’est pas la meilleure des méthodes. « La meilleure solution est évidemment d’être accompagné par un entraîneur, prévient Patrice Binelli, entraîneur au sein de la Direction technique nationale. Les circonstances font qu’on est parfois obligé de se prendre en charge, mais cela nécessite en tout état de cause un minimum d’expérience préalable de la course à pied. » Comment, dès lors, s’entraîner dans les meilleures conditions, sans l’œil extérieur ou les conseils qui permettent d’éviter les erreurs ?
 
Se fixer un cadre général cohérent

Première équation à résoudre : la planification de l’entraînement. « Il faut déjà se fixer une ligne de conduite, un cadre général, et s’y tenir, savoir où on veut aller, vers quels objectifs on tend, précise l’entraîneur. On ne peut pas partir à droite à gauche : il faut une cohérence, faire un choix et l’assumer jusqu’au bout. L’entraînement est succession de séances qui doit être cohérente. » A l’heure où les plans d’entraînement de toutes sortes, qui vous promettent les plus beaux chronos sur toutes distances, certifiés 100% garantis, avec en prime le sourire à l’arrivée, pullulent sur Internet, autant se renseigner sur des sites de références, nourris par de véritables entraîneurs – tenez, J’aime courir, par exemple.

En somme, « aller chercher l’info là où elle existe, avec ce souci qu’on est déjà confrontés à trop d’infos en la matière… D’où le besoin d’identifier les bons sites pour se forger des bases solides, un vrai cadre en matière d’intensité et de volume des séances. Un cadre qu’il faudra toutefois savoir adapter en fonction des contraintes extérieures. » C’est là, souvent, que le bât blesse : quand il faut savoir prendre suffisamment de recul pour analyser son propre entraînement, et s’imposer de lever le pied – ou d’en faire davantage…
 
Avoir du recul sur sa pratique

« La difficulté est là, confirme Patrice Binelli : avoir suffisamment de recul pour appliquer à soi-même ce que l’on demanderait aux autres si l’on devait entraîner. Cela fonctionne dans les deux sens : suivre le programme avec trop de rigueur, sans écouter ses sensations, ou avec trop de laxisme, en reportant sans cesse à la prochaine fois, n’est pas une bonne chose. »

D’autant que l’entraînement c’est, aussi, aller dans des domaines et sur des types d’efforts qu’on apprécie moins. Des séances qu’un entraîneur vous impose, mais qu’il est souvent difficile de s’infliger en solo. « La solution intermédiaire, quand on s’entraîne seul, peut consister à demander de temps à autre un avis extérieur. La vision de quelqu’un de neutre et objectif est utile. »

En la matière, il est également possible de poser des questions personnalisées sur un site tel que J’aime courir (et d’obtenir des réponses, cela va sans dire). « Cela permet aussi de ne pas forcément aller chercher la réponse que vous convient le mieux », sourit le coach…
 
A plusieurs, malgré tout ?

Autre possibilité : s’offrir quelques respirations en s’entraînant de temps en temps avec d’autres coureurs. « Cela permet de confronter ses expériences, d’avoir des repères ponctuels à l’entraînement. » Des repères qui peuvent permettre d’éviter deux écueils majeurs : « Si l’on n’en fait pas assez, on ne progresse pas. Si on en fait trop, on fatigue. Cela arrive car on peut avoir tendance à être trop dur avec soi-même. Mais à aller vraiment trop loin, on risque la blessure. »

Reste un constat : « On est, quoi qu’il en soit, toujours mieux accompagné, et le fait de courir seul ne peut être qu’une situation passagère » si l’on cherche réellement à progresser. « Même quand on a de l’expérience, et c’est vrai pour les athlètes comme pour les entraîneurs, on a tendance à rester au bout d’un moment dans les schémas cloisonnés et stéréotypés », estime Patrice Binelli. Même si on peut éviter les pièges d’un entraînement solitaire, s’entraîner avec un coach ou un groupe reste la meilleure manière d’ouvrir son horizon.
 
Cyril Pocréaux pour J’aime courir.
 
« La difficulté est là : avoir suffisamment de recul pour appliquer à soi-même ce que l’on demanderait aux autres si l’on devait entraîner. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et responsable National des courses Montagne. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 15/02/2017 à 17:34 - mis à jour le 15/02/2017 à 17:54


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