Partager
En course, consommez avec modération
Tous les coureurs y ont recours quand s’allongent les distances. Mais un gel, ou toute autre substance pour s’alimenter en pleine course, ne se prend pas à la légère. A défaut, les problèmes intestinaux ne sont jamais loin.
 
C’est l’une des craintes, régulièrement justifiée, des marathoniens ou autres amateurs de longues distances : comment éviter ces intestins qui tourbillonnent en course, après avoir avalé en plein effort quelque gel ou potion pour se sustenter ?
 
Des causes diverses

«Ces troubles gastriques ont plusieurs causes, explique le docteur Jean-Michel Serra, membre de la commission médicale de la FFA. Le corps doit accepter et digérer tout nouvel aliment, et personne ne réagit de la même manière en la matière. Par ailleurs, il se peut que le gel en question ne soit pas bien équilibré. Il est trop concentré, ou trop sucré, il ne permet pas une absorption correcte… Or le corps doit équilibrer lui-même ce produit par rapport à ce qu’il y a dans l’organisme, par un mécanisme de régulation. Il met en place une sorte de sas d’équilibration. Que ce soit du gel ou du liquide, il lui faut du temps pour y parvenir. »

Enfin, la difficulté de digérer est également directement liée à l’effort fourni en courant. « Quand on court, une partie du sang est mobilisée pour l’effort elle-même, et il n’est donc plus disponible pour le tube digestif. S’il n’y a pas assez de sang, le corps considère ce qui a été ingéré comme une agression, et le rejette, par le haut ou le bas… »
 
Faites le test

Comment, dès lors, éviter ces désagréments ? « Le bon sens suggère d’abord de tester les produits en amont, poursuit le médecin, pour voir lequel vous convient le mieux. Que l’on prépare soi-même son gel ou qu’on l’achète dans le commerce, il faut l’essayer plusieurs fois, pour voir ses réactions en fonction des distances et des allures. » Attention également à bien vérifier les compositions. « Les gels les plus épais ou les plus concentrés doivent se prendre avec un apport en liquide pour être mieux ingérés. Tout cela est un équilibre complexe à trouver. Autant prendre un gel qui s’absorbe facilement, par les muqueuses, dès qu’on le met dans la bouche. En la matière, ceux qui semblent les mieux préparés ne sont pas forcément les meilleurs. » Tout en gardant à l’esprit qu’il faut rester mesuré dans ses prises. Car à trop vouloir ingérer de potions, on met son estomac en difficulté…
 

Rester mesuré

« Les gels n’échappent pas aux stratégies marketing, pointe Jean-Michel Serra. On nous explique qu’il faut un produit différent tous les cinq kilomètres… Mais si l’on en prend trop, ou trop fréquemment, cela n’a aucun intérêt. Sur les très longues distances, on peut en avaler davantage, toujours en fonction de la capacité de l’estomac à les digérer. Mais sur un dix kilomètres, ou en tout cas sur une course de moins de deux heures, assez rapide, cela n’a pas d’intérêt. De l’eau sera suffisante, on sera davantage dans l’hydratation que dans la nutrition. Et sur un semi, à la limite, un peu de gel avec de l’eau en fin de course, si l’on connaît des difficultés. » En un mot, si prendre ses précautions peut être utile, il ne s’agit pas de confondre course à pied et repas de fête…

Cyril Pocréaux pour J'aime Courir
 
« Il faut essayer différents gels plusieurs fois, pour voir ses réactions en fonction des distances et des allures. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de   Jean-Michel SERRA

Médecin des équipes de France d'Athlétisme
Membre de la commission médicale de la FFA
Coureur hors stade pendant ses loisirs, a déjà réalisé 37'40 au 10km et 1h15' au semi, il y a quelques années ...
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 16/03/2017 à 14:40 - mis à jour le 16/03/2017 à 14:58


AJOUTER UN COMMENTAIRE