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Dominique Chauvelier : « Les 20 km de Paris, c’est une classique ! »
Figure de la course hors stade dans l’Hexagone depuis plus de trente ans, Dominique Chauvelier est un grand habitué des 20 km de Paris, qui organiseront leur 39e édition le 8 octobre prochain. « Chauchau » déroule, pour J’aime Courir, toutes les bonnes raisons de s’inscrire à cet évènement, et nous parle de ses souvenirs de la course, où il se rappelle avoir croisé l’ancien Premier ministre Dominique De Villepin. 

Dominique, si nous parlons de « 20 km de Paris », qu’est-ce que cela vous évoque ?

Les 20 km de Paris, c’est une classique. Comme Marseille-Cassis, Paris-Versailles ou Marvejols-Mende à une époque, c’est un rendez-vous incontournable de la saison. On peut les comparer aux Monuments du cyclisme, comme Paris-Roubaix ou Milan-San Remo. C’est une course à faire ! C’était le cas à mon époque il y a vingt ou trente ans, et c’est toujours le cas aujourd’hui. 

Vous l’avez forcément courue au cours de votre carrière…

Je l’ai fait relativement souvent, et je crois que ma meilleure place, ça a dû être troisième ou quatrième. Je l’ai pas toujours fait au top de ma carrière, parce qu’avec les primes de départ, j’étais souvent sollicité ailleurs. C’était un temps où il y avait plus d’argent qu’aujourd’hui dans les courses sur route, où les meilleurs Français étaient tous là. Il n’y avait pas encore tout le système des Kényans et Ethiopiens. Des fois, on avait quelques Belges et des Anglais, mais c’est tout. Cela ne nous empêchait pas d’aller vite… Les Pierre Levisse, Jacky Boxberger, Francis Gonzalez, etc., ils couraient ! Jouer la gagne, c’était intéressant pour les Français.

Quels souvenirs en avez-vous gardé ?

C’était organisé par l’armée, mais malgré cela, c’était un  bordel monstre au départ. On était censés partir du pont de Iena, et on anticipait, au point que quand le coup de feu était donné, on était des fois à 200 m de la ligne de départ. Chaque année, on allait de plus en plus loin, c’était la foire d’empoigne. Aujourd’hui, l’organisation est beaucoup plus pro. C’est des beaux souvenirs, d’autant que le parcours est très sympa. Paris-Ouest, c’est un joli coin. 

Le parcours est-il toujours le même ?

Il a peut-être dû évoluer un peu, avec une rue différente à tel endroit, mais le tracé est globalement le même, avec Roland-Garros et toute cette partie de Paris. Comme c’est une boucle, qui revient vers le point de départ, c’est aussi plus agréable pour l’entourage des coureurs, qui voient leurs proches plusieurs fois dans la course. En plus, c’est un parcours rapide, on peut y faire de très bons chronos ! Avant, on était directement dans la côte, à froid, mais aujourd’hui, on la contourne sur les deux-trois premiers kilomètres avant de l’aborder. Tout y est en fait : le côté performance, les meneurs d’allure pour ceux qui veulent réaliser un chrono en 1h30’-1H40’, et aussi le côté festif pour ceux qui veulent courir pour le fun, en se déguisant. Il y en a pour tout le monde. 

Le 20km de Paris est donc bien dans son époque…

C’est une course qui illustre bien l’évolution de la pratique de la course à pied en France depuis plusieurs décennies. Il y a trente ans, ce qui comptait, c’était la performance des meilleurs athlètes français. Aujourd’hui, l’optique est plutôt pour la masse de pouvoir dire « je l’ai fait », en 2 heures ou mieux, cela importe peu. Les 20 km de Paris ont su s’adapter. . Ils auraient pu passer à un semi-marathon, mais comme il y a déjà le semi de Paris en mars, ils ont bien fait de garder un 20 km à l’automne.

Et son positionnement dans le calendrier …

Je vois bien tous les gens que j’entraîne qui préparent les marathons d’automne, pour lesquels il n’y a pas beaucoup de semi-marathons pour tester leur forme quelques semaines avant. Pour cela, les 20 km de Paris sont idéaux. En tant que coach, j’encourage fortement mes athlètes à courir les 20 km de Paris. Le 8 octobre, je courrai également, et j’espère gagner une fois de plus dans ma catégorie, les Masters 3. Je n’ai plus mes jambes d’antan, mais quand j’ai un dossard sur le ventre, je m’arrache tout pareil. Et à l’arrivée, je ferai partager ma passion. 


Article réalisé avec le concours de Dominique CHAUVELIER
34 sélections internationales de 1974 à 1998 dont 2 victoires
Médaille de bronze aux Championnats d'Europe de Marathon 1990 à Split en Yougoslavie
Record personnel au marathon 2h11'24
D'une longévité exceptionnelle à haut niveau, à encore réalisé 2h52'48 le 23 avril dernier au marathon de Londres à près de 61 ans !
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 14/06/2017 à 16:38 - mis à jour le 15/06/2017 à 16:26


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