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Comment bien gérer sa coupure estivale ?
Comment bien gérer la période estivale quand, après une saison d’entraînement, couper avec l’entraînement est une nécessité, tout en s’attelant à conserver un semblant de forme en vue de la reprise ? Quelques conseils.
 
Certains, fourmis de la course à pied, ne peuvent s’empêcher de poursuivre leur labeur une fois l’été venu. D’autres se transforment sans vergogne en cigales, oubliant toute pratique sportive. Qui a raison ? Comment, lors de la coupure estivale, doit se comporter le coureur régulier ? « Couper l’entraînement, s’arrêter, c’est nécessaire, c’est un élément important de l’équilibre des individus, assure Patrice Binelli, membre de la DTN et entraîneur des équipes de France hors stade. Il faut marquer une pause physiquement, mais psychologiquement, aussi. C’est bien d’apprendre à couper le cordon ombilical avec l’athlé. » Mode d’emploi.
 
Ni trop long, ni trop court

Si couper est une quasi-obligation pour bien se régénérer, l’ampleur du repos estival dépendra d’abord de la pratique pendant l’année. « Quelqu’un qui s’entraîne deux fois par semaine a moins besoin de s’arrêter qu’un autre qui court quatre ou cinq fois, estime l’entraîneur. Le premier se repose souvent, entre ses entraînements, tout au long de l’année. »

Pour l’un ou l’autre, il y a en tout cas « un compromis à trouver : si on coupe trop longtemps, on se retrouve dans une condition physique lamentable à la rentrée. Si on coupe trop peu, on ne se repose pas suffisamment. »

Premier piège à éviter ; jouer les petits malins en se disant qu’on va justement profiter des vacances pour s’entraîner deux fois plus que d’habitude. « Il faut profiter, se ressourcer en famille… Si on court davantage, on n’intègre pas le côté psychologique, et on perd ensuite l’envie. »

En moyenne, on considèrera, en fonction des éléments déjà énoncés, qu’une coupure de trois à quatre semaine est la bonne solution. « Cela permet de repartir ensuite dans des conditions acceptables. »
 
S’entretenir mais différemment

C’est d’autant plus vrai que le repos fait aussi partie de l’entraînement. « C’est aussi sur ces périodes sans séances qu’on digère et assimile le travail réalisé précédemment. Si le repos est bien mené, c’est profitable. » Encore faut-il savoir bien couper. Car en la matière, c’est comme partout : il y a le bon et le mauvais coupeur. « Bien couper, c’est se reposer en gardant un minimum de condition physique, mais en faisant autre chose que de la course à pied, prévient Patrice Binelli. Du VTT, de la natation…

Des compléments d’activités essentiels. » Et d’autant plus intéressants qu’en tant que sports dits « portés », sans contact avec le sol, ils préservent les tendons et articulations du coureur. Ils renforcent, aussi, des muscles qui aideront à faire en sorte que la reprise se passe bien.
 
Un objectif à la rentrée ?

Le maintien d’une activité minimale sera d’autant plus bénéfique si des objectifs se glissent parfois très tôt, en septembre ou octobre, dans le calendrier. « En fonction du passé athlétique, de l’âge, aussi, on peut retrouver son niveau assez rapidement, estime le coach. Mais il faut garder à l’esprit que le temps n’est pas compressible, et qu’on doit faire avec.

A la reprise, il faudra de toute façon être prudent, et y aller progressivement pendant deux à trois bonnes semaines, en évitant les footings longs auxquels on n’est plus habitués. » Une reprise qui se déroulera mieux si la période de régénération a été bien respectée. « Si on ne dit pas stop quand il le faut, quand on doit souffler, le corps s’écroule tôt ou tard. » Autant prévenir que guérir.

Cyril Pocréaux pour j'aimecourir
 
« Si on ne dit pas stop quand on doit souffler, le corps s’écroule tôt ou tard. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et responsable National des courses Montagne. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 06/07/2017 à 16:32 - mis à jour le 06/07/2017 à 16:57


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