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Comment bien courir en peloton ?
Les coureurs le savent : courir en peloton peut s’avérer d’une aide précieuse. Rythme plus facile à soutenir, solidarité inconsciente du groupe… Reste que le peloton est aussi un corps social vivant, qui veut qu’on respecte quelques règles de comportement.
 
Si l’effort du coureur de fond est avant tout reconnu comme solitaire, il peut parfois se conjuguer au pluriel. Les runners connaissent bien ça, eux qui ont parfois le plaisir de trouver, dans une course, un peloton sur lequel caler leur rythme. A plusieurs, le train semble de suite plus facile à tenir. Mais courir en groupe peut receler quelques pièges à connaître pour mieux les éviter.
 
Ne pas se tromper de groupe

« Courir dans un peloton, cela présente l’avantage de se laisser emmener et de suivre plus facilement son rythme, observe Patrice Binelli, responsable du service entraînement de J'aime Courir, entraîneur et membre de la Direction technique nationale. C’est moins compliqué qu’être seul. Mais attention : il y a le risque de suivre un rythme trop élevé ou trop lent. Cela peut être perturbant. » Voire pire : un rythme trop rapide amène invariablement à décliner au fil de la course et à réaliser un chrono en-deçà de ses espérances. « C’est même l’erreur principale de beaucoup. En général, quand c’est le cas, on voit le peloton se rétrécir au fur et à mesure des kilomètres : les coureurs cèdent, et ne reviennent pas… »

Comment éviter l’écueil ? « Il faut partir avec un objectif réalisable, vérifier sur les marquages au sol ou grâce au GPS qu’on est sur le bon tempo, puis chercher à courir avec ceux qui sont au même rythme. Et si on s’est retrouvé dans un groupe un peu trop rapide, mieux vaut anticiper, se laisser décrocher et rattraper par un autre. »
 
Gérer ses foulées… et les ravitaillements 

Autre écueil à éviter, plus technique que physiologique : ne pas se marcher sur les pieds. « Il ne faut pas courir trop près des autres coureurs afin de pouvoir développer sa foulée normalement, pointe l’entraîneur national. Il faut être vigilant, ne pas se retrouver en difficulté si jamais survient une bousculade. Quand les foulées sont différentes, il n’est pas si facile que cela de se caler sur le rythme des autres. »

Le cas de figure peut en particulier se poser à l’approche d’un ravitaillement. Ralentissements, tassements, changement de direction… La liste des pièges est longue. « Cela exige, là encore, de l’anticipation. On gère mieux son ravitaillement si on sait à l’avance où il se trouve. On se place dans le peloton en fonction, pour éviter une bousculade. Le but est aussi de ne pas gêner les autres, de ne pas leur couper la route. Tout à-coup est préjudiciable. »
 
Solidarité !

Une fois prises ces précautions, les avantages de courir en peloton l’emportent largement sur les inconvénients. Facilité à tenir un rythme – on l’a dit – protection contre le vent si celui-ci s’est mis en tête de souffler… Ce qui amène d’ailleurs à une autre considération : en peloton, chacun est censé assumer, à un moment ou un autre, sa part de travail. Et le groupe ne peut bien fonctionner que si ses membres font preuve d’altruisme et de solidarité.

« On a tous en tête ces scènes où apparaissent des tensions à l’arrivée car l’un des coureurs n’a pas relayé l’autre et l’a battu à la fin, songe Patrice Binelli. Bref, une solidarité est de mise, et on ne doit pas hésiter à relancer en se mettant devant si on sent que le rythme diminue », quitte à repasser derrière un peu plus tard. « Il faut aussi savoir que certains sont de vrais métronomes et aiment bien être devant pour donner le rythme. Dans un peloton, il y a toujours des leaders qui se dégagent. L’essentiel est de veiller à ce que l’allure ne soit pas cassée. Si c’est le cas, ou que la densité de la course n’est pas assez importante pour qu’un peloton se crée, mieux vaut courir pour soi, à son rythme. » A préciser, enfin, que toutes les règles sont bien évidemment remises à plat dans les derniers hectomètres. Là, il n’est plus question que de gagner de précieuses secondes. Dans le peloton, ou devant lui…

Cyril Pocréaux pour J'aime Courir
 
« Attention : il y a le risque de suivre un rythme trop élevé ou trop lent… »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et responsable National des courses Montagne. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 11/10/2017 à 16:55 - mis à jour le 11/10/2017 à 17:09


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