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Frottements : attention aux brûlures !
Comment se défaire de ce mal qui touche tant de coureurs, à l’heure où l’effort s’allonge ? Les frottements mal placés, tissus contre peau, muscles contres muscles, peuvent avoir le don de vous gâcher une sortie. Autant prévenir que guérir.
 
Tous les coureurs ont, au moins une fois, connu ce petit rien qui peut vite se transformer en gros désagrément, et douloureux avec ça. Les frottements. Cette sensation de brûlure, aux aisselles, sur les aréoles, à l’entrecuisse, qui va et vient à chaque foulée, empire même, occupe tout votre esprit quand vous ne voudriez que vous consacrer à votre rythme. Le pire : quand la recherche d’une performance en compétition vous incite à faire taire votre douleur, à ne pas prendre le temps de s’arrêter pour s’en préoccuper. De toute façon, remarquez, on le sait bien : le mal est déjà fait. Une fois la douleur installée, une fois l’épiderme irrité, difficile de s’en défaire dans l’instant. « Ce sont souvent les mêmes zones qui sont touchées, observe Jean-Michel Serra, médecin des équipes de France d’athlétisme. C’est dû à l’anatomie du corps humain et aussi aux matériaux utilisés pour courir. » 
 
Conflit mécanique

Parmi les points à risques, on relèvera donc les zones déjà citées, mais également la zone du dos ou du torse qui supporte le soutien-gorge pour les femmes (voire les hommes qui tiennent à se déguiser quand ils courent, il y en a toujours un ou deux dans le lot), mais aussi les pieds, en particulier la partie arrière du talon, au niveau de l’os, le calcanéum. « Quand le contrefort arrière de la chaussure est trop rigide, que le talon est en relief, cela peut faire mal », prévient le médecin. Plus que l’effet de la transpiration, c’est une action purement mécanique de frottement répété du tissu sur la peau qui engendre l’irritation.

« Cela concerne les zones de conflit mécanique, là où les muscles se touchent ou touchent le tissu, et surtout la répétition du geste sur les longs efforts. Un coureur de 100 m ne sera jamais gêné », sourit Jean-Michel Serra. Et ne tablez forcément pas sur le renforcement de l’épiderme pour éviter d’avoir mal. « L’accoutumance à la douleur peut jouer, mais peu. Le corps est censé s’adapter, mais dans le cas présent, on va souvent au-delà de ses capacités, il y a brûlure, cicatrisation, et le processus repart si on frotte à nouveau. » 
 
Adapter ses vêtements

En l’espèce, mieux vaut donc prévenir que guérir. « Dans les années 70, les coureurs découpaient carrément des zones rondes de leur tee-shirt au niveau des aréoles pour ne pas avoir de contact avec le tissu, se souvient le médecin. Aujourd’hui, il existe des pommades grasses, type vaseline, qui protègent bien. Mais elles peuvent se dissiper au bout d’un moment, comme la crème solaire. A ce moment-là, il faut en remettre. »

Autre option – et il n’y en a de toute façon guère davantage : les sparadraps à placer sur les zones sensibles. Enfin, la prévention passe aussi par le choix d’un matériel adapté. « Des débardeurs pas trop serrés, un collant plutôt qu’un short si l’entrecuisse est sensible. Le bon modèle de chaussure, aussi : il faut trouver modèle à son pied. » Être à l’aise, confortable, en somme. Pour éviter ces petits riens qui ont vite fait de vous gâcher le plaisir.

Cyril Pocréaux pour J'aime Courir
 
« Les frottements sont dus à la fois à l’anatomie du corps humain et aux matériaux utilisés pour courir. »
 

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de   Jean-Michel SERRA

Médecin des équipes de France d'Athlétisme
Membre de la commission médicale de la FFA
Coureur hors stade pendant ses loisirs, a déjà réalisé 37'40 au 10km et 1h15' au semi, il y a quelques années ...
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 08/11/2017 à 18:37 - mis à jour le 08/11/2017 à 18:55


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