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Soyez plus fort (et plus malin) que les ampoules
Une ampoule au pied a vite fait de gâcher la vie de celui qui la subit. Il existe pourtant divers moyens de les éviter, en amont de la course, ou de les soigner rapidement, après l’effort.

C’est l’un des cauchemars les plus insidieux de tout marathonien, et même de tout coureur, allons-y. Franchement, qui n’a jamais vu sa foulée déformée, son sourire se crisper, son pied se déboîter à cause d’une satanée ampoule, comme une lame rouillée qu’on retournerait dans la plaie à chaque pas ? Le trait est peut-être un peu forcé, certes, mais le fait est que ce genre d’affection cutanée, en plus de vous faire plus ou moins souffrir, a vite fait de limiter une performance. Voire de provoquer d’autres blessures, à cause d’un geste tronqué, forcé.

Mais comment s’en prémunir, voire les soigner quand elles sont bien installées ?
 
Renforcer ses pieds

Première chose à comprendre : l’ampoule n’est rien d’autre qu’une réaction de la peau à une agression, un frottement qui prend la forme d’une brûlure, souvent au niveau des pieds. Un petit coussinet rempli de liquide peut alors même se former pour protéger l’épiderme agressé. Mais forcément, ça fait mal.

« La première chose à faire, c’est de préparer ses pieds en les renforçant, conseille Jean Delatour, entraîneur hors stade et encadrant des stages des équipes de France de marathon. Pour cela, il convient d’appliquer soit des crèmes spécialisées (ndlr : à trouver dans le commerce), soit à appliquer du citron sur ses pieds. Il faut s’y mettre un mois avant le marathon. » Du citron, oui. « C’est une recette de grand-mère, sourit Jean-Michel Samper, podologue des équipes de France, mais se passer du citron sur les pieds a pour effet de durcir la peau. »

Le traitement doit être régulier, une fois par semaine hors période de compétition, et tous les jours pendant dix jours avant l’épreuve. Mieux vaut habiter près d’un marchand de fruits et légumes… Sachez tout de même que la peau se renforce aussi de manière naturelle au niveau des points d’appui du pied.
 
Bien s’équiper

L’une des précautions essentielles consistera par ailleurs à bien choisir son équipement textile. Des chaussures confortables et surtout pas trop petites (ce qui implique, également, de ne pas trop serrer ses lacets), des chaussettes sans coutures si possible…

En la matière, les progrès ont été spectaculaires ces dernières années. « Il existe par exemple aujourd’hui des chaussettes à double paroi pour se prémunir des frottements, pointe Jean Delatour. Quoi qu’il en soit, il est important de choisir une chaussure et un modèle que l’on connaît, si possible une à une pointure et demi au-dessus de sa pointure habituelle. Evitez aussi les chaussures neuves, vous devez les avoir essayées avant la course et avoir couru avec pendant un bon mois au moins si vous voulez effectuer un marathon avec. »

Idem pour les semelles orthopédiques, ou orthèses plantaires : il faut les avoir testées plusieurs fois et être sûr de les supporter avant de se lancer avec sur une course. Enfin, « évitez de courir tout le temps sur un sol dur », prévient l’entraîneur. On ne le répètera jamais assez…
 
Et si malgré tout…

L’imprévisible s’invitant toujours à la fête (avec par exemple une pluie battante qui, trempant vos pieds, peut accentuer les effets de frottements dans les chaussures), mieux vaut s’attendre à tout, surtout le jour J. Là encore, des crèmes anti-frottements existent dont il ne sera pas inutile de se badigeonner les pieds (et autres endroits sensibles, tant qu’on y est) avant le départ. Si malgré tout une ampoule surgit pendant un entraînement au point de vous déranger, mieux vaut s’arrêter là et s’évertuer, une fois la zone nettoyée et séchée, à percer le coussinet avant d’appliquer, par exemple, ces pansements « deuxième peau » dont les vertus apaisantes relèvent parfois du miracle. Ils permettent même, la plupart du temps, de recourir dès le lendemain en protégeant votre épiderme plusieurs jours durant, tout en favorisant la cicatrisation.

« Il peut même être intéressant d’en mettre un avant la course si on sait qu’on peut être sujet aux ampoules à un endroit précis », observer Jean Delatour. Reste que si la douleur vous prend en pleine épreuve, pendant votre marathon par exemple, il vous reviendra de choisir entre le fait de vous arrêter et compromettre votre course ou souffrir jusqu’à l’arrivée, et même un peu plus. Car on a beau chercher, on n’a encore jamais trouvé la recette pour soulager en plein effort la douleur provoquée par une ampoule…
 
« La première chose à faire, c’est de préparer ses pieds en les renforçant… »
 
 

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Jean DELATOUR
Brevet d'état 1er degré - Entraîneur FFA 2ème dégré Hors-stade
25 ans d'expérience en tant qu'entraîneur.
Athlète dans les années 80, intervient actuellement aux clubs du Plessis Robinson et de Clamart. Entraine tous types de coureurs du 800m au Marathon et au trail et participe activement à l'encadrement des stages Equipe de France Hors-stade
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 10/01/2018 à 14:59 - mis à jour le 10/01/2018 à 15:55


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