Partager
Comment bien courir sur la neige ?
La météo le rappelle souvent : elle a le pouvoir d’embêter les coureurs, avec effet de surprise par-dessus le marché. Quand il neige, reste un maître mot pour continuer à s’entraîner : l’adaptation.
 
« Eh ben, il en faut, du courage ! », s’exclamait, pas plus tard qu’hier près des quais de la Seine, un vieux monsieur à l’air ébahi, étonné de voir un coureur trottiner sur la neige et sous les flocons. Il se trompait : quoi de plus agréable que de courir sur un tapis blanc, devant un décor quotidien qui a radicalement changé de costume ? Courir sur la neige a souvent ce charme du footing qui vous fait retomber en enfance. Mais attention, tout de même…
 
Un problème d’appuis

« Comme quand on court sur un sol glissant comme la neige, ou sur de la gadoue, il y a plein de paramètres auxquels on doit faire attention, prévient Patrice Binelli, coach J'aime Courir et membre de la Direction technique nationale. Cela peut avoir des conséquences qui mènent jusqu’à la blessure. » En général, les coureurs se réfugient sur des sols plus durs, comme le béton, sur lesquels les flocons ne s’attardent guère. Mais quand surviennent des précipitations aussi fortes et soudaines que celles de ces derniers jours dans certaines régions du pays, comment procéder ? Car quel que soit son état, la neige modifie en profondeur votre foulée. « Quand elle est vraiment épaisse et fraîche, elle impose une élévation des genoux, comme si on faisait de la PPG, pointe l’entraîneur. Ce n’est pas franchement facile… » Pas très conseillé, non plus, pour le psoas, les muscles fléchisseurs de la hanche, ni pour les articulations en général.

Et si la neige est tassée, formant une couche dure sur laquelle on ne risque pas de s’enfoncer ? « Dans ce cas, l’appui reste tout de même fuyant. Et c’est un peu embêtant niveau musculaire… » Le psoas, encore lui, mais aussi les adducteurs, qui permettent de rester dans l’axe, et le système articulaire en général sont mis à rude épreuve. « Si on effectue trop d’entraînements dans ces conditions, on risque vraiment une blessure musculaire ou tendineuse », soupire Patrice Binelli.
 
Quelles solutions ?

Que faire, alors, quand on ne conçoit pas de rater un entraînement malgré les conditions, ou qu’on veut connaître le souffle de liberté de ceux qui arpentent les grandes étendues neigeuses des pôles ? L’entraîneur nous ramène sur terre : « La première solution à envisager est d’aller courir en salle, sur un tapis (pour en savoir plus, cliquez ici). On peut aussi en profiter pour aller travailler en piscine (pour en savoir plus, cliquez ici). Bref, on s’adapte. »

Idem pour ceux qui veulent, malgré tout, courir : il faut savoir s’adapter. Adapter sa vitesse, tout d’abord, et ralentir, diminuer l’intensité de sa course, « car plus on va vite et plus on met de force au sol, et plus le risque est donc important ». Il faudra, aussi, savoir gérer la frustration de se voir moins rapide que d’habitude. En tout cas, « mieux vaut ne pas faire de séance de fractionnés si on n’a pas des appuis solides ». Ce qui implique un autre point : « On doit parfaitement connaître son parcours », prévient l’entraîneur. Sous la neige, les trous ou autres racines qui n’en sont pas habituellement deviennent vite des pièges.

Reste à bien s’équiper, enfin : « La chaussure est un atout. Une chaussure de trail, avec des crampons, accrochera forcément mieux dans la neige qu’une chaussure classique. » Les pointes chères aux crossmen ? « Si le parcours est suffisamment souple, pourquoi pas, sur une occasion… Si on a une grosse séance à l’approche d’une échéance, on peut porter des pointes. Mais il ne faut pas le répéter. Avec des chaussures qui n’ont pas d’amorti, le risque est également important si on les porte trop souvent. » Il est de toute façon rare de voir la neige s’éterniser plus de quelques jours. « Le plus embêtant pour courir, c’est d’ailleurs au moment du dégel, quand le sol devient vraiment boueux et glissant », précise Patrice Binelli. Les joies de l’hiver…
 
Cyril Pocréaux pour J’aime courir
 
« Un appui fuyant pose des problèmes au niveau musculaire. »


Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et référent national du cross et courses Hors-stade. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 08/02/2018 à 08:48 - mis à jour le 08/02/2018 à 09:21


AJOUTER UN COMMENTAIRE