Partager
Quels sports pratiquer pendant la pause estivale ?

Après s’être fait fourmi toute la saison, l’homo runningus doit se penser cigale une bonne partie de l’été au moins. Comprendre : changer de sport(s).

On le sait - et on l’a suffisamment répété dans ces pages (voir ici) : la coupure estivale est indispensable pour tout coureur qui aspire à repartir du bon pied. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire, du moins au-delà d’une période de farniente bien méritée. Entretenir son corps, donc, mais en laissant de côté, si possible, la course à pied. « Pendant une phase de coupure où le corps doit se régénérer, les activités annexes portées sont les plus favorables, calcule Patrice Binelli, entraîneur référent J’aime courir et membre de la Direction technique nationale : elles évitent les micro-traumatismes. » Parmi elles, le vélo et la natation sont les plus prisées, ou les plus pratiquées. Mais que les allergiques se rassurent : elles ne seront pas forcément les seules occupations de votre été.

Le vélo : deux options

« Le vélo reste un excellent moyen de se maintenir en condition, assure d’emblée Patrice Binelli. D’ailleurs, les athlètes l’intègrent même désormais dans leur préparation tout au long de l’année, car il ne présente pas les contraintes mécaniques de la course à pied. » Pas de chocs au sol, en particulier. « A vélo, on peut avoir deux approches : pour maintenir sa condition et un volume cardio intéressant, le vélo de route, à un rythme tranquille, sur des distances un peu longues, est intéressant. En VTT, on aura une sollicitation musculaire plus importante. Tout sera question d’habitude et d’envie, car il faut garder un leitmotiv en tête quand on pratique du sport l’été : c’est le plaisir qui prime, et non la contrainte. Si au bout d’une heure on doit arrêter parce qu’on a autre chose à faire, c’est déjà très bien… »

Natation : question de technique

Côté natation, on retrouve tout l’intérêt d’un sport sans traumatismes. « En revanche, il peut y avoir le handicap de la technique, pointe l’entraîneur : tout le monde n’est pas Laure Manaudou. Pour nager longtemps, il faut pouvoir maîtriser un peu la nage. » Autre élément à prendre en compte : « Il n’est pas toujours facile de trouver une ligne d’eau en piscine l’été, quand les établissements sont surchargés. Quant à la nage en mer, c’est difficile. Cela demande beaucoup d’efforts. » Reste un détail à ne pas oublier : « Si vous voulez nager dans une optique d’entraînement, n’oubliez pas de prendre des lunettes d’eau avec vous. A nager trop longtemps les yeux dans l’eau, on finit par subir des irritations. »

La montagne, l’eau, la terre battue…

Si vous prenez de la hauteur, des disciplines aussi diverses que le kayak ou la randonnée peuvent s’avérer intéressantes. « La randonnée en montagne, qui en général dure plusieurs heures, est une sollicitation non négligeable des membres inférieurs, mais aussi du système cardio-circulatoire, justifie Patrice Binelli. A ce niveau, tout est bon à prendre. Idem pour les sports d’eau comme le kayak, qui sollicitent également le cardio. L’essentiel est de se sortir de l’idée qu’il faut forcément courir pour se maintenir en forme. » A ce titre, des sports plus ludiques comme le tennis peuvent aussi avoir leur rôle à jouer. « Pour ceux qui s’y connaissent et savent jouer, deux heures de tennis peuvent être une vraie dépense énergétique… Il ne faut pas avoir d’a priori : toutes les activités sont bonnes à prendre. »

Quelles précautions ?

Reste la question : le coureur, habitué à répéter le même geste, symétrique et linéaire, pendant des heures, risque-t-il la blessure s’il va trop loin dans ces pratiques alternatives, amours d’été passagers ? « On est tellement loin d’une pratique ciblée sur un objectif de compétition qu’on ne doit pas avoir cette appréhension, souffle Patrice Binelli. Tout est question de dosage. Et puis, le vélo comme la natation sont également des pratiques symétriques. Et si on a trop de courbatures après un tennis, il suffit d’aller nager pour les faire disparaître… » Le seul danger, finalement, peut venir d’en haut. « Quoi qu’il arrive, il faut prendre en compte la chaleur et le fait qu’il faille s’en protéger, et s’hydrater, même si on n’est pas sur de la course à pied. On doit prendre des précautions, et rester raisonnable dans sa pratique. »

Cyril Pocréaux pour J’aime courir.

« Il faut garder un leitmotiv en tête, l’été : c’est le plaisir qui prime, et non la contrainte. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et référent national du cross et courses Hors-stade. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 20/07/2018 à 00:58 - mis à jour le 20/07/2018 à 14:14


AJOUTER UN COMMENTAIRE