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Comment trouver le bon rythme
Annette Sergent, double championne du monde de cross (1987 et 1989) et ambassadrice de la FFA, donne les clés pour ne pas se tromper d’allure en course. Et même pour se rattraper, en cas de départ trop rapide.

Les meneurs d’allure

J’ai déjà plusieurs fois rempli ce rôle, toujours avec conviction. Je le trouve intéressant car c’est un vrai service au coureur. Etant régulière en course, ça correspondait bien à mon profil. Etre meneur d’allure, ce n’est pas juste donner le rythme. C’est aussi donner des conseils, encourager les coureurs en difficulté, s’occuper de son groupe. Il y a une vraie dynamique collective. En tant qu’athlète souhaitant suivre un meneur d’allure, il faut parfois faire un choix entre deux « lièvres », si le chrono que l’on vise est situé entre les deux. Dans le cadre d’un marathon, je conseille de suivre le plus lent des deux, quitte à accélérer le rythme à partir du trentième kilomètre si l’on sent que l’on a encore de la marge.

L’écueil du départ

Le premier kilomètre est souvent difficile quand on part au cœur du peloton. On est parfois obligé de marcher un peu, quand il y a beaucoup de monde. La principale erreur à éviter, c’est de vouloir rattraper trop vite le temps perdu, en commençant à se faufiler entre les coureurs, en passant par les trottoirs… On risque de laisser en quelques centaines de mètres beaucoup de plumes et de tomber, alors qu’on aurait pu trouver le bon rythme progressivement. Il vaut donc mieux être patient, se concentrer sur son souffle et ne pas se mettre en difficulté sur les plans respiratoire et cardiaque.

Attention aussi à l’euphorie du départ. Parfois, on s’aperçoit qu’on est parti trop vite, mais il est déjà trop tard. Alors on ralentit et on serre les dents. S’il est encore temps, on peut ralentir en pensant à courir bien relâché. Mais surtout pas d’un coup, et donc plutôt en privilégiant la progressivité. Les changements de rythme brusques sont vraiment à déconseiller.

Les clés pour être régulier

Pour ne pas aller trop vite lors de la première partie de course, il faut se mettre des garde-fous. Beaucoup de runners ont recours au cardiofréquencemètre pour contrôler leur rythme cardiaque, qui donne un bon repère. La fréquence respiratoire est également un bon indicateur. Travailler régulièrement sur les bonnes allures à l’entraînement est une bonne manière de les mémoriser.

Il n’est pas normal d’être déjà essoufflé au bout de quelques kilomètres lors d’un marathon. On doit être encore capable de parler. Attention cependant à ne pas confondre difficultés respiratoires et mauvaises sensations. Il m’est parfois arrivé d’être très mal en début de course, pour finalement réaliser une performance honorable.

Mon expérience d’athlète de haut niveau

Je n’ai jamais été une kamikaze, ce qui m’a peut-être desservi lors de certaines courses où je n’ai pas osé accrocher le bon wagon. J’étais capable de le faire en cross, car il n’y avait pas le verdict du chrono, mais pas sur route. J’ai toujours été à l’écoute de mon corps, car je me connaissais bien. Neuf fois sur dix, rester dans ma bulle au début et ne pas partir en surrégime m’a permis de réaliser mes meilleures performances, en doublant ensuite des concurrentes parties trop vite. J’ai presque toujours fonctionné en« negative split », avec une seconde partie de course plus rapide que la première. J’avais le rythme dans la tête, à la seconde près, comme un métronome. 

« Il n’est pas normal d’être déjà essoufflé au bout de quelques kilomètres lors d’un marathon. On doit être encore capable de parler. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours d'   Annette SERGENT-PETIT

Double Championne du Monde Cross-country en 1987 et 1989
Records personnels au 5000m 15'16"24 et au 10 000m 31'51"68
Ambassadrice Running auprès le FFA
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 05/09/2018 à 11:26 - mis à jour le 06/09/2018 à 10:22


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