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Rejoindre un groupe : les bons réflexes à adopter

Le début de saison, période de bonnes résolutions, coïncide souvent avec l’envie de rejoindre un groupe pour mieux s’entraîner et progresser. Mais pour surmonter les frimas de l’hiver avec de nouveaux collègues d’entraînement, mieux vaut bien préparer son affaire.

« Si on évoque souvent la solitude du coureur de fond, partager le plaisir de courir est tout de même plus profitable pour la motivation et la progression… » D’une formule, Patrice Binelli, référent J’aime courir et entraîneur au sein de la Direction technique nationale, résume bien l’enjeu : un groupe, dans un cadre structuré, aide à progresser, à aller plus loin, à franchir un nouveau palier. « Cela a toujours un intérêt pour un athlète. » Mais qu’il s’agisse de rejoindre un club ou une autre structure collective, la démarche ne doit pas être prise à la légère…

Bien cerner ses objectifs

Premier impératif : bien identifier le groupe qu’on va rejoindre. « Il faut se renseigner en amont sur différents points, prévient Patrice Binelli : les objectifs sportifs des gens qui composent le groupe, le ratio hommes – femmes si on veut éviter de se retrouver seul(e), l’âge moyen de participants, le nombre d’entraînements collectifs… Tout cela pour éviter l’écueil d’être trop décalé ensuite par rapport aux autres. »

Autre point important : ne pas arriver au beau milieu d’une aventure. « Quand on débarque dans un groupe déjà structuré, trop tard dans la saison, il se peut qu’on se retrouve en décalage. Autant donc le rejoindre assez tôt, dès l’automne, car il est plus compliqué de s’intégrer une fois que la dynamique collective est lancée. »

D’autant plus que la programmation de l’entraînement permet de mêler les niveaux en début de saison, ce qui n’est plus forcément le cas quand arrivent les séances plus spécifiques. « Le début de saison est une phase de travail appropriée pour qu’un certain nombre de coureurs puissent évoluer ensemble », observe l’entraîneur.

Savoir trouver sa place

« Quand on franchit le pas, on doit savoir pourquoi on le fait », prévient Patrice Binelli. Comprendre : ne pas arriver simplement pour découvrir, sans objectif précis en termes de régularité ni réelle envie de s’intégrer. « Il faut pouvoir trouver sa place dans le groupe. Cela peut signifier, par exemple, ne pas forcément vouloir prouver qu’on est le meilleur. Il faut savoir rester humble, à son niveau, sans chercher à être toujours devant. En général, quand des coureurs arrivent dans un esprit de compétition avec les autres, toujours à vouloir accélérer, cela peut mal passer. Cela va en tout cas à l’encontre de l’esprit de groupe. En revanche, il faut pouvoir apporter sa contribution, faire bénéficier le groupe de sa présence quand on le peut, dans certaines situations. »

Enfin, il faut là se montrer capable de plusieurs fois sur le métier remettre son ouvrage. « Il faut s’inscrire dans la durée et la régularité, car une dynamique de groupe se construit aussi autour de celles et ceux qui viennent régulièrement. Pour que cela fonctionne, mieux vaut ne pas être un élément volatile, mais venir le plus régulièrement possible. »

Accepter la nouveauté

La remarque vaut également pour ceux qui auraient la tentation de choisir leurs séances, estimant que tel entraînement, ou tel jour, est plus important qu’un autre. « Toutes les séances sont importantes, elles font partie de la programmation de l’entraîneur, assure Patrice Binelli. Toutes contribuent à la dynamique générale. Bref, il ne faut pas sécher volontairement, mais pouvoir s’adapter à ce nouveau programme. Il faut aussi accepter d’être là pour apprendre des choses nouvelles, différentes de ce qu’on connaissait auparavant. »

C’est à cette condition qu’on verra apparaître les premiers progrès. « Une fois que tout est bien structuré, le groupe est un vrai gage de progression. Avoir des objectifs et des motivations communes, ou ne pas se retrouver seul sur une compétition, c’est un vrai plus. » N’en déplaise à ceux qui voient encore la course à pied comme un sport individuel…

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

Exergue - Citation : « Il faut s’inscrire dans la durée et la régularité, car une dynamique de groupe se construit aussi autour de cela. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et référent national du cross et courses Hors-stade. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 03/10/2018 à 15:39 - mis à jour le 03/10/2018 à 15:59


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