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Un petit 10 000 pour la route ?

La discipline est moins courue qu’autrefois, et c’est sans doute dommage. Car un 10 000 m sur piste forge les âmes autant que le rythme des coureurs. Un atout précieux quand on revient sur la route…
 
Avouons-le : la discipline a perdu de son lustre. Elle a pourtant nourri quelques grandes heures de l’athlétisme passé (dont l’inoubliable final entre Haïlé Gebreselassié et Paul Tergat aux Jeux de Sydney, en 2000), et présent, aujourd’hui encore sur les grands championnats. Mais le 10 000 m (sur piste, donc, puisqu’on parle en mètres) est moins couru, de nos jours, que les 10 bornes sur route qui fleurissent un peu partout sur le territoire. « Quand on a pour objectif d’améliorer sa perf, du 10 km au marathon, c’est pourtant une épreuve intéressante, qui peut vraiment apporter quelque chose au coureur », assure Patrice Binelli, coach J’aime courir et référent national des courses hors stade à la Direction technique nationale. C’est que la spécialité dispose de spécificités qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

Plus dur, plus éprouvant

« Il faut d’emblée préciser que, si on parcourt la même distance, 10 000 et 10 km sont des courses vraiment différentes, reprend le coach. Le 10 000 est plus dur, plus éprouvant. Son intérêt est justement de forger un mental chez les coureurs. » C’est qu’il faut les avaler, les 25 tours, le rythme lancinant du chrono qui vous juge à chaque passage sur la ligne d’arrivée, les virages à vous faire tourner la tête… « 25x400 m à la suite, c’est une question de tempo, et cela vous apprend la régularité. Il faut être capable de bien gérer la première partie de la course pour éviter que la deuxième ne soit trop compliquée. Il faut trouver un équilibre entre ce qu’on peut gérer et la difficulté qu’on peut supporter.

On doit être également sûr de son timing, pour ne pas voir les secondes s’envoler à chaque 400 m, peu à peu. Une chose est sûre, quand on revient ensuite sur la route, avec des parcours variés, tout est plus facile. Tous les marathoniens d’un certain niveau sont passés à un moment par le 10 000. Si on a l’opportunité d’en faire un de temps en temps, une fois dans la saison, cela peut s’avérer une bonne chose. »

Trouver la bonne course

Reste à surmonter un certain nombre de difficultés pour pouvoir mener l’entreprise à bien. Trouver la course adéquate, en premier lieu. « Le problème, c’est que le 10 000 est aujourd’hui une course assez confidentielle, soupire Patrice Binelli. On en organise peu. »

Les épreuves sur route ont phagocyté la spécialité, même si les championnats de France, qui se tiennent ce 14 avril 2018 à Pacé, comme l’an passé, reprennent des couleurs depuis quelques saisons. Il faudra gérer, aussi, le fait de courir sur un revêtement qui diffère de la route. Pointes ou chaussures légères, comme sur le macadam ? « Déjà, pas question d’utiliser des pointes si on n’a pas l’habitude d’en porter habituellement, prévient l’entraîneur. On se préparerait de belles contractures aux mollets. Et si la piste n’est pas mouillée par la pluie, mieux vaut courir avec des chaussures légères. »

Bref, ne sortez les clous qu’avec le parapluie. Pensez, aussi, à bien vous préparer physiquement par du renforcement musculaire – cinquante virages sollicitent forcément l’organisme quand on n’en a pas l’habitude. « C’est d’ailleurs l’accumulation de la préparation qui rend cette épreuve difficile. » Aussi difficile que belle, sans doute. Et porteuse de progrès pour la suite, très certainement.

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

Quand on a pour objectif d’améliorer sa perf, du 10 km au marathon, le 10 000 est une épreuve intéressante. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et référent national du cross et courses Hors-stade. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 11/04/2018 à 16:34 - mis à jour le 11/04/2018 à 17:01


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