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Une dernière course avant les vacances ?

Comment occuper au mieux sa fin de saison, quand les objectifs ont été atteints, que le physique commence à se la couler douce, que l’esprit vagabonde, déjà ? Plusieurs options sont possibles, mais toutes convoquent quelques notions clés : plaisir, relâchement, entraînement allégé et dossard – quand même.

C’est une période un peu étrange, qui oscille dans un perpétuel va-et-vient. La tête parfois en avance sur les jambes, ou inversement. La fin de saison, assez tard dans l’année pour que les objectifs aient été remplis, mais encore trop tôt pour se dire qu’on range les baskets pour quelque temps, peut toutefois être mise à profit. Pour s’aligner sur quelques épreuves ludiques, maintenir son état de forme, voire, pourquoi pas, battre à nouveau un record.

Avoir envie

« La première chose à se dire, c’est qu’on doit courir parce qu’on en a envie, prévient d’emblée Patrice Binelli, entraîneur référent J’aime courir et membre de la Direction technique nationale. Il ne faut surtout pas être lassé, mais se présenter frais psychologiquement. » Pas évident, il est vrai, de poursuivre la saison si on se sent déjà épuisé psychologiquement, ou physiquement.

Dans un cas comme dans l’autre, mieux vaut d’ailleurs couper quelques jours pour pouvoir retrouver motivation et condition physique pour mieux aborder la dernière ligne droite. « Il arrive que des coureurs qui accumulent les contre perfs recommencent à bien courir après avoir coupé et allégé un peu leur entraînement. Ici, en fin de saison, c’est pareil : il faut trouver le bon compromis entre préparation et fraîcheur. » Avec un mot d’ordre en tête, donc : « Avant tout, donc, avoir envie. »

Prolonger pour mieux redémarrer

Au-delà de l’aspect psychologique, courir en fin de saison revêt un intérêt très concret. « Cela permet de clore une saison en bonne et due forme, avant de repartir ensuite sur de nouveaux objectifs, rappelle l’entraîneur. Si la coupure estivale dure trois mois, il est difficile de reprendre ensuite. Le risque est d’avoir une période d’inactivité trop importante. Le fait de courir encore un peu en fin de saison permet de mieux redémarrer la suivante, et donc de bien repartir sur de nouveaux objectifs. On l’a déjà dit ici : les progrès viennent d’un assemblage de saisons, mises bout à bout. On progresse sur le long terme. »


Alléger les doses

Reste à gérer au mieux, sur le plan physique, cette période où on va demander quelques ultimes efforts à l’organisme afin de s’offrir quelques kilomètres de plaisir supplémentaires.

« Il faut courir en sachant qu’après ça s’ouvrira une période de récupération et de coupure, se projette Patrice Binelli. En fait, c’est un moment agréable de la saison, car on allège l’entraînement. On se contente de maintenir la forme pour cette dernière ligne droite car normalement, tout a déjà été fait plus tôt dans la saison. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire, mais on doit simplement accompagner la fin de la période de compétition avec des entraînements plus légers, et moins de volume. »

Courses de village

Forcément, la période est empreinte d’une pression moindre qu’auparavant, quand on était encore en quête de ses principaux objectifs. « C’est aussi sur ces courses qu’on peut tester des choses, sans pression, observe l’entraîneur national. Normalement, les objectifs ont été atteints sur les courses précédentes. Attention : si on se sent frais, on peut pourquoi pas tenter à nouveau son record. Mais sinon, on peut par exemple tenter le coup de partir plus vite. »

Le must en fin de saison restant ces petites courses qui fleurissent un peu partout, désormais, sur le territoire, et où se partagent à l’arrivée quelques jambons, un cageot de melons ou des bouteilles du cépage local. « On peut aussi essayer de tester d’autres distances – un peu plus longues, un peu plus courtes – mais surtout d’autres épreuves. On a tous fait ces courses de village sur le lieu de vacances, où on gagne un panier de saucissons à l’arrivée… C’est aussi un vrai plaisir, et une manière de prolonger la saison. » Et si on pêche un peu dans les derniers kilomètres, « il suffit de se dire qu’ensuite, c’est les vacances… »

Cyril Pocréaux pour J'aime courir

« On a tous fait ces courses de village, où on gagne un panier de saucissons à l’arrivée… »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Patrice BINELLI
Cadre Technique et référent national du cross et courses Hors-stade. Coordonnateur du service entraînement de J'aime Courir
Entraîneur FFA Hors-stade 3è. niveau, 30 ans d'expérience en tant qu'entraîneur
Coache aussi bien des athlètes de haut-niveau participant à des compétitions internationales majeures (JO, Monde…), que des coureurs cherchant juste à progresser, du 400m au 100km. Entraine sur le Pôle haut niveau de Nantes mais aussi dans son club, le Nantes Métropole, pendant son temps libre.
A réalisé 14'45 au 5000m dans sa jeunesse. Et dernièrement 2h50 au marathon de Paris à 51 ans et 1h18' au semi l'année suivante.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 21/06/2018 à 08:39 - mis à jour le 21/06/2018 à 08:57


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