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Comment ne pas céder à la démotivation ?

Les feuilles jaunissent puis tombent, le temps se rafraîchit, la nuit grignote du terrain. Et le coureur, bien souvent, trop souvent, rentre dans son chez-soi, cesse de s’entraîner, en perte de motivation après des débuts pleins d’entrain. Comment lutter contre le phénomène ?

Le schéma est souvent le même. Il arrive même que certains le reproduisent plusieurs fois, chaque année. Après s’être (re)mis à la course à pied au sortir de l’été, avoir plongé avec envie et enthousiasme dans le bain de l’entraînement, la motivation vient, doucement, à s’éroder. Le temps se rafraîchit, les feuilles tombent, la nuit grignote. Et voilà qu’on se retrouve à ranger ses chaussures de course au placard pour quelques mois…

Eviter la lassitude

« La météo, la baisse de luminosité en automne, beaucoup d’éléments peuvent faire qu’on a envie de rentrer chez soi plutôt que d’aller s’entraîner », constate Christine Hanon, chargée de mission sur l’optimisation de la préparation mentale et de l’accompagnement à la Direction technique nationale. Rapidement, trouver des supplétifs à l’attrait de la nouveauté et l’allant des débuts se révèle nécessaire. « C’est un phénomène qu’on n’observe pas à haut niveau, mais qui peut apparaître quand le froid ou des conditions changent chez des gens qui courent dehors et viennent de se lancer dans l’activité. » D’où le parallèle : « C’est comme les bonnes résolutions de début d’année. On a du mal à les tenir sur le long terme quand on n’a pas un objectif concret et proche à atteindre. » Il existe bien des petites astuces pour tromper la lassitude, comme « casser la routine, changer de parcours, ou l’effectuer en sens inverse ». Des techniques qui peuvent aider, mais ne s’avèrent pas forcément suffisantes.

Se fixer des objectifs à court terme

Pour y remédier, l’essentiel sera donc de pouvoir se projeter à court terme. « Il faut se rappeler pourquoi on a commencé, mais surtout se fixer des objectifs. Qu’ils soient palpables, concrets, et non pas théoriques ou virtuels. Et proches, pas à six ou neuf mois, pas trop loin à atteindre. Quand on n’en a pas ? Il faut s’imaginer des objectifs intermédiaires, même en dehors de toute compétition : être capable, au moins de novembre, d’être à l’aise sur telle ou telle allure, par exemple.

On valide ainsi des étapes intermédiaires pour arriver à son objectif final, ce qui permet de donner du sens aux séances d’entraînement. C’est la méthode des petits pas : quel est le premier petit pas que je peux accomplir ? C’est lui qui donnera la direction, le chemin dans lesquels aller. Plutôt que regarder trop loin, mieux vaut se fixer des objectifs proches, plus motivants. » Proches, et réalistes, serait-on tenté d’ajouter. « Si on courait une fois par semaine jusque là, inutile de vouloir d’emblée tenir un rythme de six entraînements hebdomadaires. Trois fois, ce sera déjà très bien… »

L’apport d’un groupe

Dans le même esprit, « il est utile de se dire avant chaque séance à quoi elle sert, quel est son objectif précis », conseille Christine Hanon. D’où l’intérêt de bénéficier des services et conseils d’un entraîneur. D’un programme d’entraînement planifié, et adapté. « L’entraîneur peut effectivement jouer ce rôle, important. Et s’il ne peut pas être là, trouver quelqu’un pour vous accompagner en courant ou en vélo peut être une aide précieuse. Globalement, au-delà d’un accompagnateur, l’apport d’un groupe est d’ailleurs essentiel pour continuer et se motiver. Aujourd’hui, il existe des rendez-vous collectifs dans beaucoup de villes. Mais le mieux reste encore de rejoindre un club si on a vraiment envie de continuer. C’est tout leur intérêt. C’est là qu’on trouvera la motivation, en voyant du monde au départ de l’entraînement. Plutôt que rester chez soi, courir en groupe sous la pluie peut permettre d’en rigoler. Et cela pourra même devenir un super souvenir. En se disant qu’on n’est pas comme Monsieur-tout-le-monde, que ce n’est pas la pluie qui va vous arrêter. » A ce stade, on pourra même dire que le pari est déjà gagné…

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

« Il faut se fixer des objectifs palpables, concrets, et non pas théoriques ou virtuels. Et proches, pas à six mois, pas trop loin à atteindre. »


Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de   Christine HANON

Chargée de mission sur l’optimisation de la préparation mentale et de l’accompagnement à la Direction technique nationale
8 sélections internationales A entre 1978 et 1988 (+ 3 sélections « Jeunes »)
4'22"44 en 1986 au 1500m et 2'01"94 au 800m en 1988
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 17/10/2018 à 17:05 - mis à jour le 18/10/2018 à 08:55


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