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Savoir s’arrêter quand surgit la douleur
Comment réagir quand une douleur musculaire survient en pleine séance ? Le premier réflexe du coureur – continuer en serrant les dents – n’est pas franchement le plus judicieux…

Un effort dans un sens qui n’est pas prévu pour le muscle, un changement d’allure ou de direction un peu trop brutal, une hydratation qui laisse à désirer… Les causes d’une blessure musculaire pendant l’effort sont aussi nombreuses que récurrentes. Pourtant, l’homo runningus préfère souvent fermer les yeux, et poursuivre son effort. Mais une douleur aux ischios-jambiers ou au niveau du mollet appelle à la plus grande prudence.

Pas de douleur sans risque

« Des signes, il y en a parfois, mais on a tendance à courir dessus, observe Jean-Michel Serra, médecin des équipes de France d’athlétisme. Pourtant, si on ressent une douleur musculaire à un ischio ou à un mollet, il n’est pas logique de continuer. Mieux vaut ralentir, essayer de courir tout doucement en footing pour voir comment on réagit. Là, si la douleur vient à nouveau se relocaliser au même endroit, surtout au niveau du mollet, c’est qu’il y a quelque chose d’anormal : mieux vaut ne pas tenter le diable. » Le risque, en la matière : aggraver en un problème plus grave ce qui peut n’être qu’une atteinte bénigne.

« Une simple crampe peut devenir une contracture, une contracture s’aggraver en déchirure… Il faut respecter toute alerte, tout signal, même si on pense bien connaître son corps. Sincèrement, je ne vois pas ce qui peut déclencher une douleur sans qu’il n’y ait un risque derrière. »

Attention à l’aponévrose

Dans le champ des problèmes qui peuvent se poser, on trouve entre autres la lésion de l’aponévrose, cette membrane qui entoure le muscle. « Cela peut faire l’effet d’une contracture, et le muscle reste relativement fonctionnel, décrit le docteur. On va pouvoir continuer à courir, même en ayant mal, le kiné pourra masser, mais si on continue, on risque une vraie blessure. Le décollement de l’aponévrose du muscle peut vite devenir une vraie galère si on n’y prend garde et qu’on le laisse traîner. La vocation de l’aponévrose est de se recoller au muscle, mais si on recourt dessus, la blessure fera le yoyo entre soin et décollement. »

Attendre 48 heures

La réaction la plus logique est donc, si la douleur se prolonge au bout de quelques foulées d’un footing lent, de mettre le clignotant, et un terme à sa séance. « De toute façon, cela n’a pas grand sens d’effectuer une séance avec une restriction psychologique, sans y mettre l’intensité voulue, rappelle Jean-Michel. Il faut savoir se poser les bonnes questions, et être capable d’attendre un jour ou deux pour voir où on en est. »

Inutile, également, de procéder à des étirements trop tôt, avant de connaître la nature exacte du souci. « Au bout de 48 heures, si la douleur ou une gêne est toujours présente, mieux vaut consulter et avoir un avis médical. » Vous pourrez alors peut-être vous féliciter d’avoir été si sage en arrêtant suffisamment tôt…

Cyril Pocréaux pour J’aime courir
 
« Il faut respecter toute alerte, tout signal, même si on pense bien connaître son corps. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de   Jean-Michel SERRA

Médecin des équipes de France d'Athlétisme
Membre de la commission médicale de la FFA
Coureur hors stade pendant ses loisirs, a déjà réalisé 37'40 au 10km et 1h15' au semi, il y a quelques années ...
Assisté par le nutritionniste    de   Mathieu JOUYS

Diététicien et nutritionniste des Hôpitaux Universitaires Pitié Salpêtrière-Charles Foix
Mathieu a été plus de 10 fois international sur 110m haies dans les année 1989-1994 avec un record personnel de 13"75 ...
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 13/12/2018 à 16:12 - mis à jour le 21/12/2018 à 17:21


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