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Le label, une question de confiance

Le label, véritable passeport de qualité des courses hors stade dans l’Hexagone, garantit à la fois le niveau et l’organisation des épreuves en France. Et accessoirement, le respect de la distance annoncée…

C’est une statistique que le temps ne démentit pas : la France est l’un des pays du monde qui organise le plus de courses hors stade sur son territoire. On en compte près de dix mille aujourd’hui, et les chiffres continuent de grimper. D’où la question : comment s’y retrouver, dans cette fourmilière d’épreuves, cette jungle de course, cette botte de foin d’événements ? La réponse tient en un mot : « label ».

La bonne distance

« Un label, c’est d’abord une reconnaissance pour une épreuve, puisque c’est la certitude qu’elle a été contrôlée et évaluée par un juge arbitre running, prévient Michel Huertas, président de la Commission nationale des courses running. Il existe des labels sur les courses sur route, mais également en cross et en trail. » Des labels qui vont du niveau départemental à l’international, en fonction de divers critères qui vont du respect de la distance annoncée aux mesures de sécurité en passant par la qualité de l’organisation générale ou le niveau des performances. « Pour les courses sur route sur 10 km, semi-marathon et marathon, le label est ainsi l’assurance d’avoir la véritable distance, officielle, classante et qualificative pour les championnats de France. » Si le fait de courir davantage que ce qui était prévu n’est jamais une bonne surprise, l’inverse ne vaut guère mieux. Certains organisateurs ont ainsi parfois tendance à raboter la distance de leur parcours. Pour mieux attirer le public, séduit par les bonnes perfs qu’on y affiche ? Quoi qu’il en soit, le chrono n’a du coup plus guère de valeur. Et inutile, évidemment, d’espérer valoriser son temps pour une qualification aux championnats de France.

Le meilleur niveau

C’est d’ailleurs, ici, l’un des points forts d’une course labellisée. « Beaucoup de coureurs licenciés y prennent part, parce qu’elles permettent de marquer des points pour leur club, d’établir un record officiel, de se classer en tant qu’athlète, pointe Michel Huertas. Du coup, le niveau est meilleur que dans les courses non labellisées, et beaucoup trouvent donc un intérêt à y prendre part. » Un effet boule de neige qui densifie les pelotons. D’autant que les résultats en question seront publiés en 48 heures au plus tard sur le site fédéral - cahier des charges oblige. Jean-Claude Moussard, organisateur du marathon (en avril), du 10 km et du semi d’Annecy, en témoigne. « Quand le label a été obtenu, on a vu les effectifs grimper sur le marathon, oui. Je pense que ça a l’intérêt, sur une telle distance, d’attirer du monde, des coureurs qui viennent d’ailleurs, de l’étranger, des gens qui veulent se qualifier pour un championnat… » Le semi comme le 42,195 km y disposent d’un label international. Le 10 tient lui son label national. « Sur une course comme celle-là, qu’on veut plus populaire, la question de conserver le label peut se poser, songe l’organisateur. Les gens ne cherchent pas forcément un temps. Mais un label, c’est un certain niveau de rigueur pour les organisateurs, sur tous les aspects de la course. Car on peut le perdre si on ne maintient pas le niveau. »

Des avantages

Si l’effort à fournir est évident pour qui organise, les coureurs, eux, s’y retrouvent. « Le ravitaillement tous les cinq kilomètres est obligatoire, la sécurité est vraiment gérée avec un côté professionnel, et il y aura à partir de cette année une réduction de 5 %, sur le prix du dossard, offert aux licenciés FFA », énumère Michel Huertas. Des considérations, quant à la sécurité en particulier, qui s’avèrent prépondérantes sur les trails, eux aussi labellisés pour certains, comme les cross, dans une moindre mesure. Les trails labellisés qui devraient bénéficier dès 2020 d’un système de comparaison des performances d’une épreuve à l’autre, en tenant compte de la distance ou du dénivelé. Même en matière d’évaluation des courses, il est possible de progresser et d’inventer de nouveaux outils…

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

« Le niveau est meilleur que dans les courses non labellisées, et beaucoup trouvent donc un intérêt à y prendre part. »

Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 22/03/2019 à 18:09 - mis à jour le 22/03/2019 à 18:23


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