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Syndrome de l’essuie-glace : prévenir et guérir
Le fameux syndrome de l’essuie-glace est l’une des affections les plus redoutées du coureur, en particulier des amateurs de longues distances, qu’elle touche en premier lieu. Parce que cette blessure au niveau externe du genou est autant handicapante que difficile à soigner…
 
Voilà typiquement le genre de petit désagrément qui vient polluer la vie de l’athlète. Le TFL, plus connu sous le nom de syndrome de l’essuie-glace, est un mal malheureusement connu des coureurs de fond. D’autant qu’il est souvent long à surmonter…
 
Plusieurs noms, un même mal

En la matière, « on a différentes appellations mais qui toutes signifient la même chose, assure Jean-Michel Serra, membre de la commission médicale de la FFA : syndrome de l’essuie-glace, tendinite du fascia lata, TFL… Il s’agit en fait d’une affection de la bandelette ilio-tibiale, un tendon un peu particulier car il n’est pas arrondi mais plat, et qui depuis le bassin vient s’attacher en bas du genou, sur sa partie externe et basse. »

A cet endroit précis, la bandelette tendineuse peut frotter le relief osseux du genou externe quand on plie la jambe. « On le sent en particulier sur les longues distances, ou quand on change le schéma moteur de sa posture – après une entorse de la cheville, par exemple. Le tendon vient alors frotter davantage, en va-et-vient, sur l’os. » Et s’irrite, inévitablement.
 
Des causes multiples

Si un traumatisme, comme on vient de le dire avec l’entorse de la cheville, peut engendrer un changement postural et provoquer l’apparition du syndrome, d’autres éléments peuvent le favoriser. « Cela peut venir d’une augmentation du kilométrage à l’entraînement sans préparation préalable, pointe le médecin. Le système a alors du mal à s’habituer. De manière générale, tout changement un peu brutal dans l’entraînement, toute augmentation de charge de travail génère des conséquences. »

Autre origine potentielle du problème : « Un problème de bassin. Car le TFL peut venir du bas – la cheville, par exemple, mais aussi du haut, du bassin ou des lombaires. » Tout déséquilibre, ici, peut in fine se répercuter sur le genou… Enfin, un changement de chaussures, y compris pour un modèle déjà connu mais que l’équipementier aura modifié, peut également s’avérer préjudiciable.
 
Comment le soigner ?

« L’examen médical est la première étape à respecter pour bien identifier un TFL, rappelle Jean-Michel Serra. La description qu’en fera le sportif, et des tests comme la flexion – extension permettront au médecin de savoir s’il s’agit bien du TFL, et d’éliminer les autres possibilités, comme un problème de ménisque par exemple. » Reste à soigner le tendon douloureux. « Un podologue du sport pourra faire le bilan des tensions qui s’exercent sur le genou, pour éventuellement les diminuer avec des semelles adaptées ».

Quant au traitement immédiat, il renvoie à ce qui se pratique habituellement pour les tendinopathies classiques : glace appliquée sur la zone douloureuse, anti-inflammatoires (en mésothérapie ou en infiltration plutôt que par voie générale), séance de kinésithérapie. « Les infiltrations fonctionnent parfois très bien, mais elles doivent être accompagnées de tout un programme de réhabilitation par le kiné, pointe le médecin. Une fois que le TFL est vraiment installé, il est d’ailleurs préférable de voir un kiné en plus du traitement classique. Il pourra, avec un travail de physiothérapie, de massages transverses profonds (MTP) et de rééducation posturale, aider à résoudre le problème. »
 
Agir vite

Avant d’en arriver là, il reste essentiel d’agir vite, dès les premières sensations de douleur. « Il ne faut pas laisser traîner un TFL. Une fois qu’il est installé, on peut vite perdre six mois ou un an à le traiter, constate le médecin. Plus on attend, et plus c’est long à soigner. » Et s’il est possible d’adapter son entraînement pour maintenir un niveau de pratique minimal, en ne courant que sur de très courtes durées ou en remplaçant le footing par du vélo, mieux vaut alléger considérablement la sollicitation du genou. En la matière, la patience est tout aussi indispensable que les soins…
 
 
Ne laissez pas traîner un TFL : plus on attend, et plus il sera long à soigner. »

Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 31/08/2016 à 19:59 - mis à jour le 31/08/2016 à 20:09

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