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Toute l’importance de reconnaître un parcours

Savoir où l’on met les pieds peut s’avérer utile, dans la vie comme en course. Et en particulier sur un trail, où la reconnaissance du parcours, même si elle n’est pas toujours simple, relève du passage obligé. Explications.

C’est un rituel auquel on s’adonne tantôt avec appétit, tantôt en traînant les pieds, mais qui se drape d’une nécessité plus forte encore sur une terre de trail : reconnaître le parcours. « Même sur un 10 km ou un semi-marathon, même si le terrain est plat, c’est utile, précise Philippe Propage, référent national du trail à la Direction technique nationale. Il est intéressant de pouvoir se situer dans l’espace et le temps, savoir ce qu’il reste à parcourir. Quand on est en fin de course, en difficulté, il est essentiel de visualiser intérieurement ce qu’il reste à faire. »

Anticiper les difficultés

Voir à quoi ressemble le tracé, c’est donc déjà prendre un temps d’avance. « Connaître les passages difficiles aide à les franchir, reprend l’entraîneur. On anticipe les difficultés, les montées, les descentes, les passages techniques. » Et ce d’autant plus quand le corps commence à puiser dans ses réserves, et que l’esprit perd en lucidité. « C’est surtout pour la deuxième partie de course que le repérage s’avère indispensable, tout simplement parce que c’est là qu’on est le moins lucide, le plus fatigué. Quand on est dans la difficulté, c’est là qu’on a vraiment besoin de savoir si ça monte ou si ça descend : si la côte est longue, je vais pouvoir marcher assez tôt, si au contraire elle est courte je peux continuer à courir tout le long… »

Au-delà de cela, bien cerner les aléas du terrain autorise à réfléchir à l’avance à la manière dont on va courir, en fonction de ses propres ambitions. « Repérer le parcours, en trail, c’est aussi adapter sa stratégie. Car chaque coureur a ses points forts et ses points faibles : la montée, la descente, le plat… En tenir compte, c’est pouvoir adapter sa stratégie personnelle. D’ailleurs, on s’aperçoit que si on a déjà pris part à un trail, on le court et le gère beaucoup mieux la deuxième fois. »

Repérer les points clés

Reste à, concrètement, être en mesure de reconnaître un parcours qui s’étale parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres. Pas simple… « On peut, si le trail n’est pas trop loin de chez soi, venir trois, quatre, cinq semaines avant et de faire une vraie séance sur place pour reconnaître les lieux, conseille Philippe Propage. Cela entre dans le cadre de l’entraînement. Aujourd’hui, il existe d’ailleurs de plus en plus de reconnaissances mises en place par les organisateurs un mois avant l’épreuve. »

Et pour ceux qui arrivent au dernier moment, comme c’est le cas de beaucoup de coureurs ? « Quand on arrive la veille, c’est évidemment un peu compliqué. Mais on peut tout de même aller s’approcher des points clés du parcours en voiture. Cela permet aussi, en quelque sorte, de s’imprégner du terrain. On peut aussi aller repérer quelques portions précises, ne serait-ce qu’en marchant. »

Un conseil qui prévaut en particulier pour les ravitaillements. « C’est un point essentiel, puisque les kilomètres ne sont pas indiqués en trail, et qu’on ne peut donc pas prévoir où ils sont autrement que grâce aux indications du plan de course. Mais là encore, quand on est fatigué, c’est autre chose… Mieux vaut les avoir déjà en tête. »

Enfin, on pourra s’aider de la technologie – GPS, vidéos de l’organisation – pour pallier à un manque d’informations. Mais, là encore, rien ne vaut le vécu et le visu. « La technologie peut aider, mais elle doit rester au service du coureur. Comme je dis souvent, ce n’est pas le GPS qui court : ce sont votre cœur et vos jambes. La vidéo est évidemment un gros plus, mais il est essentiel d’aller voir sur place. Ne serait-ce que parce que la vision d’une côte est par exemple faussée sur un film. » Et rien de pire que la mauvaise surprise d’une pente deux fois plus raide ou trois fois plus longue que ce à quoi on s’attendait…

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

« Connaître les passages difficiles aide à les franchir. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de   Philippe PROPAGE

Référent national du Trail
Entraîneur de haut niveau depuis de nombreuses années notamment de plusieurs athlètes de l'équipe de France dont 2 champions du Monde
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 02/05/2018 à 18:03 - mis à jour le 04/05/2018 à 15:55


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