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Tous les avantages de courir en groupe

Annette Sergent, double championne du monde de cross (1987 et 1989) et ambassadrice de la FFA, détaille tout l’intérêt qu’on trouve à s’entraîner en groupe – elle qui anime, également, des sessions running J’aime courir.

Un lien social

Pour autant que je me souvienne, je me suis toujours entraînée en groupe, dès mes débuts dans l’athlétisme. J’ai commencé à l’âge de dix ans au sein d’un club, et, forcément, on s’y entraîne ensemble. Pour moi, c’était d’ailleurs une évidence : j’allais m’entraîner parce qu’il y avait là un côté social, un échange avec les autres. C’était une source de motivation. Bien entendu, plus tard, en devenant sportive de haut niveau, j’ai aussi couru seule, ne serait-ce que parce que je faisais du biquotidien. Mais j’ai toujours considéré que si on faisait de la course à pied pour son bien-être, pour soi, on devait aussi le faire pour le lien social, pouvoir courir en parlant, en plaisantant. S’offrir de franches rigolades et des moments de plaisir.

Une motivation

Quand on est fatigué, quand il fait mauvais temps, trop chaud ou trop froid, courir en groupe est une vraie motivation. Hier encore, j’étais à une session d’entraînement J’aime courir, à Paris, et j’y ai vu des gens qui étaient là car ils avaient besoin d’un rendez-vous pour s’entraîner, d’un coach pour les motiver. Aller enchaîner des fractionnés, ils ne l’auraient pas fait seuls. D’ailleurs, je vois de plus en plus de groupes qui se constituent, et de moins en moins de gens qui courent seuls. Même si certains ressentent parfois le besoin, ou sont obligés, de le faire, je crois que de plus en plus de gens aiment courir en groupe.

Un facteur de progression

Même si on subit parfois le rythme, le groupe est une vraie source de progression. On se force à maintenir un certain niveau alors qu’on pourrait, seul, avoir tendance à se laisser aller. Attention, il faut le préciser : il est bien, par moments, de ne pas aller vite, de ne pas chercher à trop forcer si on sent qu’on est fatigué, ou dans un mauvais jour. Mais la pratique en groupe est une manière de progresser et de profiter des autres. C’est en tout cas ce qui m’a permis d’avancer, et d’aller vers le haut niveau. La seule perspective de l’entraînement, même avec l’objectif de compétition derrière, n’aurait pas suffi.

Un piège à éviter

Le risque, l’écueil, est de vouloir toujours se donner à fond, se sentir obligé d’aller tout le temps devant. Vouloir toujours jouer la compétition, aller plus vite que les autres et se mesurer à eux quand on est à l’entraînement, c’est un piège. Il faut savoir ne pas toujours être au taquet. L’intérêt d’un groupe est justement d’avoir des gens de différents niveaux, et donc de pouvoir adapter son rythme à sa fatigue ou à son état du jour. D’ailleurs, côtoyer des gens de différents niveaux est un apport d’expérience enrichissante. On ne trouve pas de conseils uniquement chez les coureurs d’un bon niveau. Le vécu, les sensations, même à un niveau moindre, peuvent apporter beaucoup.


Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours d'   Annette SERGENT-PETIT

Double Championne du Monde Cross-country en 1987 et 1989
Records personnels au 5000m 15'16"24 et au 10 000m 31'51"68
Ambassadrice Running auprès le FFA
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 23/08/2018 à 13:43 - mis à jour le 23/08/2018 à 14:27


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