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Trail : quelles précautions sur la neige ?

Les traileurs sont aux premières loges quand tombe la neige, et l’affaire ne relève pas forcément d’une sinécure. Dans cette situation, les précautions à prendre sont nombreuses. Et s’appliquent aussi, pour la plupart, à tous les types de coureurs.

Si la neige ne facilite pas, on le sait, le labeur des coureurs, certains sont encore moins bien lotis que d’autres. Si une séance sur une piste enneigée peut se décaler dans le temps ou s’effectuer ailleurs, sur un sol plus propice, les adeptes du trail doivent généralement composer avec les éléments. Et redoubler de prudence au moment de s’entraîner.

Précautions d’usage

« Beaucoup des précautions à prendre relèvent du bon sens et sont communes à tout le monde, coureur ou non, quand il a beaucoup neigé et que les conditions deviennent difficiles, prévient d’emblée Philippe Propage, référent trail au sein de la Direction technique nationale. On sait par exemple qu’il faut éviter de se rendre en forêt dans ces cas-là : le poids de la neige peut faire casser et chuter de grosses branches voire des arbres. » Mais le danger peut être plus insidieux encore. « En région montagneuse, il faut se rappeler que les avalanches ne sont pas réservées qu’aux skieurs. Il faut donc également s’appliquer les consignes qui leur sont données quand il a neigé. »

Autre donnée essentielle : l’heure à laquelle on sort s’entraîner. « On pourrait avoir tendance à se dire qu’on va aller courir entre 10 et 14h, à l’heure où il fait le plus chaud, observe Philippe. Or c’est là que les conditions sont les plus dangereuses, car les pierres se détachent avec le dégel. Les spécialistes de l’escalade partent pratiquer très tôt le matin, et savent s’arrêter à temps quand le temps se réchauffe. »

S’équiper en conséquence

Reste que quand il neige, le mercure stagne généralement au plus bas. « Et si les températures sont excessivement basses, elles le sont plus encore par le ressenti, et le vent qui quand on court fait perdre plusieurs degrés », prévient l’entraîneur national. Or le froid a évidemment des effets, et pas forcément positifs, sur l’organisme. « Les muscles sont beaucoup moins prêts à répondre. Ils tirent donc davantage sur les tendons. »

D’où l’obligation de se vêtir en conséquence pour maintenir une température corporelle propice à la course. Le froid, de manière globale, dicte sa loi quand il s’agit de penser équipements. « Le corps chauffe rapidement, et on souffrira plus des mains que des pieds, estime Philippe. Mais l’essentiel reste de porter un bonnet, car 80 % de la chaleur s’évacue par la tête. » Niveau chaussures, enfin, les semelles bien cramponnées seront plus que jamais nécessaires, quitte a y ajouter « les systèmes de ressorts qui, placés sous la semelle, permettent d’adhérer encore mieux, même si une plaque de verglas restera toujours glissante ».

Penser à boire

Autre impératif : la boisson. « L’instinct n’y fait pas penser, ce n’est pas un réflexe, mais il faut boire aussi quand il fait très froid. On est très couvert quand la température est basse, et le corps transpire beaucoup. La dépense hydrique est la même que quand il fait chaud, et la dépense énergétique plus importante encore. Il faut donc également penser à ingérer des boissons plus sucrées quand il fait froid, contrairement aux temps de fortes chaleurs, où il vaut mieux boire très peu sucré. Ce n’est pas forcément toujours précisé sur les bouteilles de boissons énergétiques… »

En résumé ? « Même quand il neige, il faut compenser en buvant, y compris sur un footing d’une heure. » Encore faut-il le pouvoir. « Il arrive que le tuyau qui vous permette de boire soit gelé. Pour l’éviter, il faut protéger le camel back [sa poche à eau et son tuyau] en le mettant sous ses vêtements, qui à s’arrêter pour boire. »

Prudence élémentaire

Reste à observer quelques règles de bon sens qu’on oublie trop souvent. Car si les conditions permettent tout de même d’aller faire tourner les jambes en montagne ou sur un circuit en nature, « il faut toujours prendre son téléphone et dire où l’on va, quelle boucle on a décidé de faire, si on est seul », prévient l’entraîneur. « Et en hiver, la couverture de survie qu’on glisse dans son équipement est d’autant plus importante. Les risques de se perdre sont d’autant plus importants quand on n’a pas les mêmes repères que d’habitude, quand la neige modifie le paysage. On ne voit pas les mêmes choses. »

Enfin, reste l’option de reporter à plus tard. « Quand on fait un vrai effort, mieux vaut s’abstenir si les conditions sont trop extrêmes. On se mettrait en danger. Bien entendu, et en particulier à haut niveau, on flirte toujours avec la limite. Mais il faut toujours savoir s’adapter aux conditions, ne serait-ce qu’en remplaçant une séance difficile par un footing, voire en s’abstenant de courir. » Il sera bien temps de remettre le couvert une fois le ciel plus clément.

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

« On a tendance à se dire qu’on va aller courir à l’heure où il fait le plus chaud, or c’est là que les conditions sont les plus dangereuses. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de   Philippe PROPAGE

Référent national du Trail
Entraîneur de haut niveau depuis de nombreuses années notamment de plusieurs athlètes de l'équipe de France dont 3 champions du Monde
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 25/01/2019 à 16:40 - mis à jour le 30/01/2019 à 14:44


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