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Grand bleu pour l’Azur Olympique Charenton
Le club du Val-de-Marne compte environ 160 coureurs hors stade de tous niveaux. Un chiffre exponentiel, dû à une volonté d’ouverture à tous les publics. Entre convivialité et performance, l’AO Charenton n’a pas fini de grandir. 

Son nom, un brin suranné, et son logo, orné d’une flamme olympique, trahissent sa longue histoire. L’Azur Olympique Charenton n’est pas un nouveau-né mais plutôt un papy qui fait de la résistance. Et même mieux que ça puisque le club de Charenton-le-Pont, situé à la lisière du bois de Vincennes et de Paris, n’a jamais été en aussi bonne santé. Créé en 1950 autour des disciplines de l’athlétisme traditionnel, il compte un groupe running depuis plus de trente ans. Mais depuis six, sept ans et la création d’un groupe loisir, c’est l’explosion. « Le hors stade se développe énormément et de manière croissante, constate sa présidente Emmanuelle Jaeger. Nos effectifs ont quasi doublé depuis dix ans, poursuit celle qui a participé aux deux dernières éditions des Mondiaux de 100 km sous les couleurs de l’équipe de France. On a aussi ouvert une section marche nordique. Notre club est le reflet de la diversification des activités de la fédération. » 

A l’AO Charenton, le hors stade, qui compte près de 160 pratiquants sur un total de 419 licenciés, s’épanouit autour d’une idée simple : quel que soit son niveau, tout le monde a sa place au sein du club. « Notre priorité, c’est la convivialité, confirme Vincent Corbes, entraîneur de la section loisir. Il faut arriver à s’organiser pour accueillir tout le monde, en conservant l’individualité de l’attention. » Concrètement, les runners sont répartis en trois secteurs : loisir, intermédiaire et performance. « La composition ne dépend pas que du niveau, précise Jean-Jacques Minne, entraîneur du groupe « performance » et coach J’aime Courir. On les constitue aussi autour d’objectifs. » Le lundi, les athlètes qu’il coache se retrouvent pour une séance de préparation physique générale ou de côtes. Le mercredi, place à la vitesse maximale aérobie (VMA). Le vendredi, c’est entraînement spécifique sur le stade. Enfin, le dimanche matin, une séance longue ou un fartlek sont au programme.

Quatre minutes gagnées sur 10 km

Un copieux menu, qui porte ses fruits. En plus de progresser en nombre de licenciés, l’AO Charenton compte en effet de plus en plus d’athlètes possédant de belles références. A l’image de Matteo Sorbelli, 27 ans, arrivé au club fin 2015 et passé, en un an, de 36’31’’ à 32’46’’ sur 10 km. « Au bout de deux ou trois ans en dilletante, je voyais que je stagnais, retrace le designer. Pour passer un cap, il fallait que je rejoigne une structure. Le groupe m’apporte de la motivation, me pousse toujours à me surpasser car il y a des gens devant et derrière moi. J’ai fait de belles rencontres humaines. Sur le plan technique, j’ai appris à m’échauffer, à faire des gammes, à comprendre comment mes muscles fonctionnaient. » Même satisfaction pour Coline Galmiche. Cette assistante commerciale de 28 ans a d’abord démarré dans les groupes lancés par des équipementiers. « Je ne progressais plus et j’avais envie de voir autre chose que les courses dans les rues de Paris, confie-t-elle. Je suis arrivée au club dans une démarche loisir, puis j’ai pris goût à la compétition. J’en fais moins que certains, mais j’essaye de suivre doucement derrière ! »

Le dernier jour du week-end, les coureurs hors stade, tous groupes confondus, se retrouvent dans le bois de Vincennes. « C’est le regroupement général, raconte Jean-Jacques Minne. On utilise souvent le même parcours même si le contenu de la séance n’est pas le même pour tous, afin de créer un échange. » Permettre à des athlètes de différents niveaux de se côtoyer, c’est un des leitmotivs de l’AO Charenton. Dans cette optique, plusieurs projets transversaux ont été montés. Pour préparer les marathons de printemps, qui concernaient une quarantaine de coureurs, une conférence autour de la préparation des courses et de la prévention des blessures a ainsi été organisée, en présence d’une diététicienne, d’un kinésithérapeute-ostéopathe et d’un podologue. Une des dernières séances longues a été organisée pour tous les participants, avec des ravitaillements communs. Et une réunion bilan a conclu le cycle. « Tout le monde a pu partager son expérience, que ce soient nos trois coureurs en moins de 2h38 ou nos athlètes en plus de 4h », se félicite l’entraîneur FFA 3e degré. 

Les Foulées Charentonnaises, un événement fédérateur

Mais le temps le plus fédérateur de la saison reste les Foulées Charentonnaises. Une manifestation composée d’un 5km, d’un 15 km classant et de courses enfants, organisé par l’AO Charenton chaque mois de février. A cette occasion, les membres du groupe hors stade se mobilisent en nombre pour permettre la réussite des courses, en enfilant leur casquette de bénévoles. « Ils essayent d’apporter aux participants ce qu’ils recherchent eux-mêmes lorsqu’ils participent à une course », note Jean-Jacques Minne. Un traitement au petit soin, symbolisé par ces quelques dossards mis systématiquement de côté pour pallier aux contretemps administratifs de dernière minute. « Les Foulées Charentonnaises sont vitales pour notre club, rappelle Emmanuelle Jaeger. Elles représentent un tiers de nos recettes. » 

Si le hors stade se mobilise en nombre pour la course organisée à Charenton-le-Pont, c’est moins le cas des autres composantes de l’association, qu’il s’agisse de la piste, de l’école d’athlé ou de la marche nordique. Ce que regrette sa présidente, qui pointe une piste de progrès : « Les pratiquants hors stade sont ceux qui s’investissent le plus dans le fonctionnement du club. Il est quasi impossible de créer de la mixité entre les différents groupes, sauf lors des Interclubs. » Fervente partisane de l’ouverture de l’association, Emmanuelle Jaeger ne ménage pas ses efforts. Dernière initiative : le lancement d’une section sport adapté, destinée aux athlètes porteurs d’un handicap psychique ou intellectuel. « Le club, c’est une association ouverte à tous les types de publics, pour pouvoir pratiquer l’athlétisme sous toutes ses formes », résume-t-elle. D’ailleurs, on a aussi de plus en plus de trailers et de triathlètes. » La preuve que la course à pied, et plus globalement l’athlétisme, peuvent continuer à rassembler.

Florian Gaudin-Winer  pour J'aime courir

Pour obtenir plus d'informations sur les foulées Charentonnaises, cliquez ici

Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 31/05/2017 à 20:36 - mis à jour le 01/06/2017 à 17:14


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