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Un soutien-gorge adapté : l’indispensable outil.

Pour les femmes, il est un accessoire essentiel quand il s’agit de courir. Car un soutien gorge ou une brassière mal adaptés, au-delà des questions de confort, peuvent poser de véritables problèmes physiologiques.

Si on parle beaucoup (et souvent) des équipements et nouvelles technologies à disposition des coureurs, il est un bout de textile qu’on détricote moins fréquemment que d’autres, comme le soutien-gorge de sport ou la brassière. Pourtant, sur quelque huit millions de coureurs recensés, plus de la moitié sont des coureuses (53 %, selon une étude menée par la FFA en 2014). « Et toutes doivent être équipées correctement, précise Laurence Klein, ancienne internationale sur marathon, 100 km et trail, aujourd’hui à la tête d’une société qui distribue des articles de sport. Une brassière ou un soutien-gorge sont aussi importants pour une femme qu’une paire de chaussures. »

Intégrité physique

Pourquoi ? Si la raison peut sembler évidente pour une question de confort, l’intégrité physique des coureuses est également en jeu. « Sous les bras, au niveau des côtes, nous avons des ligaments, dit de Cooper, qui maintiennent la poitrine, poursuit Laurence Klein. Or s’ils sont distendus ou abîmés à cause de la course, des mouvements répétés, on aura mal en courant. Et surtout, ce n’est pas réparable. » L’anatomie est donc modifiée de manière définitive. Un mauvais maintien peut avoir par ailleurs avoir des conséquences insoupçonnées.

« Au-delà de l’aspect esthétique, cela pose un véritable problème physiologique : si la poitrine est forte, ou s’il y a rupture de ces ligaments, il n’y aura plus de maintien. La coureuse va aussi davantage se pencher en avant, ce qui va tirer sur le dos et engendrer des problèmes musculaires, et modifier la position des épaules, trop fermées et avancées. » Le souci n’est pas qu’articulaire, d’ailleurs. « Le diaphragme sera moins bien ouvert, ce qui limite la capacité respiratoire. » Une somme de problèmes qu’un bon équipement est censé éviter…

Soutien-gorge ou brassière

A ce stade, un point technique : il faut bien différencier brassière et soutien-gorge. « Le soutien-gorge de sport dispose d’attaches et de réglages au niveau des bretelles. Il est aussi croisé dans le dos pour un meilleur maintien. On peut donc parfaitement l’adapter, contrairement à la brassière, qui n’est disponible qu’en taille S, M, L... Le soutien-gorge de sport est plus précis, plus adaptable. »

Le qualificatif de « sport » a son importance, ici. Par rapport au soutien-gorge du quotidien, le soutien-gorge dédié à la pratique sportive ne provoquera pas de frottements à l’effort, et modèlera mieux la poitrine. « La différence est la même qu’entre une paire de chaussettes à taille unique et une autre dessinée pour la course, et à la bonne pointure », compare Laurence. Derrière, « la brassière reste une option, mais moins efficace que le soutien-gorge de sport. Mais toujours mieux adaptée, c’est certain, qu’un soutien-gorge lambda ».

Un marché qui se développe

Les fabricants ont compris, en tout cas, qu’un marché existait sur ce créneau. « Mais les vrais techniciens en bonneterie sont peu nombreux, constate l’ancienne internationale. Certaines marques proposent toutefois de vrais soutiens-gorge de sport, avec un panel adapté. » Il faudra compter une cinquantaine d’euros pour disposer d’un produit de très bonne qualité. « Les équipementiers produisent également des brassières avec des résultats intéressants, dans des matières respirantes qui permettent les échanges de chaleur, exactement comme les tee-shirts. » Mieux vaut, en tout cas, disposer de plusieurs modèles. Et en prendre soin. « Comme les chaussures, il faut éviter de les laver en machine. Autant les laver à la main, et ne pas en distendre les fils pour éviter qu’ils ne perdent en efficacité. » Car le confort physique, c’est aussi la garantie de courir l’esprit libre.

Cyril Pocréaux pour J’aime courir

« Une brassière ou un soutien-gorge sont aussi importants pour une femme qu’une paire de chaussures. »

Ce CONSEIL D'EXPERT a été réalisé avec le concours de Laurence KLEIN

11 sélections internationales sur marathon, 100 km et trail
Records personnels : 2h37'36 au marathon et 7h26'44 au 100km

Aujourd’hui à la tête d’une société qui distribue des articles de sport.
Article mis en ligne par Rédaction J'aime Courir - le 06/12/2019 à 16:14 - mis à jour le 06/12/2019 à 16:48


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