Conseils
Comment gérer la ménopause quand on aime courir ?
Période souvent difficile à vivre pour les femmes, la ménopause induit des fragilités qu’on pourrait croire incompatibles avec le sport et la course à pied. Rassurez-vous : il n’en est rien, bien au contraire…

Parmi les virages sinueux à emprunter, qu’on soit coureuse ou pas, la période de la ménopause est l’un des plus délicats pour les femmes. Comment en gérer les symptômes quand la passion de la course vous pousse à courir ? Ouf : « La course à pied n’est pas déconseillée pendant cette période, au contraire, même, elle peut en atténuer les effets », assure la docteur Marine Mélia Agbojan, médecin du sport intervenant auprès des équipes de France d'athlétisme. Des effets qui peuvent s’avérer aussi nombreux que perturbants pour les femmes concernées.

Des symptômes divers

« La ménopause intervient en général vers 50 ans, pointe la médecin. On estime qu’une femme est ménopausée quand elle connaît une absence de règles depuis un an. Cela correspond à l’épuisement du capital d’ovocytes que la femme est capable de produire à partir de quinze ans. La ménopause est donc liée à la fin de la sécrétion d’œstrogènes. Mais avant cela, entre 40 et 50 ans, les règles peuvent devenir irrégulières. C’est l’apparition des premiers symptômes. » Symptômes qui s’avèrent souvent inconfortable. « Il y a, d’abord, des troubles du sommeil, liés à des sueurs nocturnes ou des bouffées de chaleur. »

A plus long terme, la baisse de sécrétion des œstrogènes accélère la perte du capital osseux, et donc « l’ostéopénie [fragilité osseuse] et l’ostéoporose [diminution de la densité osseuse] ». Et ce n’est pas tout : « les œstrogènes peuvent aussi jouer un rôle protecteur sur le système cardiovasculaire, et sans eux, les risques sont accrus de ce côté-là. » Sans compter « une baisse de la masse musculaire et une augmentation de la masse grasse, ainsi qu’une prise de poids. » Enfin, le côté psychologique n’est pas en reste. « Irritabilité, sensation de fatigue voire dépression, les conséquences se voient aussi sur le moral. »

La course comme un soin

A voir ce tableau, on se dit que courir dans cet état relèverait d’une douce folie. Erreur. Car, ici comme dans bien d’autres cas, le sport, et la course à pied en particulier, agissent comme un traitement curatif, et permet de « mieux gérer les effets secondaires ». « La sécrétion d’endorphines qu’on produit en courant a un effet direct sur le moral, et l’améliore, rappelle Marine Mélia Agbojan. Or il y a également un lien entre mental et amélioration du sommeil. » D’une pierre deux coups, donc. « Ensuite, la course et l’entretien cardiovasculaire qu’elle permet compense les problèmes posés par la diminution des œstrogènes. »

Niveau poids, le running sert aussi de bouclier aux effets de la ménopause : « On fait baisser le mauvais cholestérol, les graisses et donc le poids. » Enfin, si on pourrait penser que les chocs subis à chaque foulée se marient mal avec une augmentation de la fragilité osseuse, il n’en est rien, bien au contraire. Un impact au sol permet en effet de provoquer un renforcement des zones concernées. Le corps s’adapte aux contraintes qu’on lui soumet, et le phénomène « ralentit ainsi la perte de densité osseuse ».



Précautions indispensables

Reste que certaines bonnes habitudes peuvent également aider à surmonter cette période compliquée et ses suites, pour peu qu’on s’y tienne. « Il faut, plus encore que d’habitude, penser à bien s’hydrater, pour compenser les sueurs nocturnes, prévient la docteur. Mais on doit aussi s’efforcer de suivre une alimentation équilibrée, et riche en calcium, pour les os, et en vitamine D, celle que procure le soleil. » Côté musculaire, « un renforcement sera le bienvenu car la ménopause s’accompagne aussi d’une perte de force du périnée. Ce qui peut provoquer des descentes d’organes ou une incontinence urinaire. »

Pour y remédier, un travail de musculation spécifique à cette zone est nécessaire. « Ne travailler que les abdos, comme les garçons, n’est pas le plus efficace pour les femmes ! » prévient Marine Mélia Agbojan. Conclusion ? « Il faut rester à l’écoute de son corps, surtout quand on sait qu’il est mis en situation de fragilité et que les risques sont accrus. Et il reste important de pouvoir faire un bilan avec son médecin au minimum une fois par an. » Mais côté course, surtout, ne changez rien, mesdames. Votre corps vous remerciera.

Cyril Pocréaux pour J’aime courir
 
La course à pied n’est pas déconseillée au moment de la ménopause, au contraire : elle peut en atténuer les effets. »

Rédaction J'aime Courir, le 19/03/2021 12:28:00
Ce conseil d'expert a été réalisé avec le concours de :
Marine Mélia AGBOJAN
Médecin référent de la FFA et de la DTN
Médecin des équipes de France d'Athlétisme et membre de la commission médicale de la FFA.
Marine Mélia AGBOJAN
Médecin référent de la FFA et de la DTN
Médecin des équipes de France d'Athlétisme et membre de la commission médicale de la FFA.
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