Conseils
S’offrir une petite parenthèse sur piste
La fin du printemps est sans doute la période la plus propice pour s’essayer à une ou deux compétitions sur le tartan. Entre quête de vitesse, parenthèse ludique et coup de main à son club, les raisons ne manquent pas.

Le mois de mai : la saison des bourgeons, des graminées qui allergisent, et des tentations de s’offrir quelques excès de vitesse sur la piste, avec l’arrivée des beaux jours. Conjuguée aux besoins des clubs pour renforcer leurs équipes, la période voit souvent débouler des spécialistes de la route pour quelques compétitions sur le tartan.
 
Un intérêt physiologique

« Le principal avantage de faire une ou deux compétitions sur piste, pour des coureurs habitués à la route, c’est d’abord de varier les plaisirs, expose Patrice Binelli, entraîneur et membre de la Direction technique nationale. C’est une respiration qui casse la monotonie, mais qui a également un vrai intérêt physiologique. » Sur 3000 ou 5000 m, des distances plus courtes que celles réservées au bitume, le coureur peut en effet travailler des domaines qu’il délaisse parfois.

« C’est un vrai travail de vitesse qui sera utile pour la suite de sa saison, sur la route, reprend le technicien. Cela booste le corps et l’organisme, cela redonne de la vitesse et évite de ronronner. Les coureurs hors stade de bon niveau gardent d’ailleurs toujours un lien avec la piste. Le 3000, le 5000 développent la vitesse propre aux longues distances. Cela ‘‘décalamine le moteur’’, et cela servira plus tard. On sera par exemple beaucoup plus à l’aise sur les séances de VMA. »
 
De vrais moments collectifs

Les coureurs inscrits en clubs sont d’ailleurs régulièrement sollicités, en cette période post-marathons de printemps, pour donner un coup de main à leur équipe. C’est que les Interclubs ou les championnats départementaux occupent une bonne part de l’activité des sections au mois de mai.

« C’est un temps important pour la vie collective des associations, un des rares moments où chacun peut contribuer à son niveau à la réussite de son club, songe Patrice Binelli. Tout est bon à prendre, on n’est pas là que pour sa performance, mais pour un collectif. Et si quelqu’un est sollicité pour participer à ces compétitions, c’est qu’il a sa place : il y a tous les niveaux de pratique dans une même épreuve. Et c’est le seul moment où les jeunes et les moins jeunes, et toutes les disciplines, se côtoient. Toutes les forces vives de chaque club sont sollicitées. Cela permet aux coureurs sur route de ne pas être toujours ‘‘hors stade’’, mais également à l’intérieur. C’est un vrai moment de convivialité. »

Rien n’interdit d’ailleurs de rejoindre un club à cette occasion pour en découvrir la vie collective.
 
Travailler de manière ludique

Franchir le pas n’implique par ailleurs guère de changements dans la gestion du quotidien et de l’entraînement. « On peut effectuer quelques séances plus courtes et plus rapides à l’entraînement, sur des bases de 300 ou 400 m, mais inutile d’en faire trop, argumente le coach. Ces séances sollicitent les muscles. Courir quelques compétitions est justement l’occasion de travailler sa vitesse en y prenant goût, de s’ouvrir une petite parenthèse de trois semaines dans la saison. »

Inutile, également, de s’astreindre à chausser des pointes, qui « sollicitent beaucoup les mollets, qui ont vite tendance à devenir durs » : les chaussures de course habituelles feront très bien l’affaire, « sauf conditions particulières, comme une piste trempée ».

Hormis ces gestes de prudence, pas de contre-indication : « les mois de mai et juin, c’est la bonne période pour travailler sa vitesse avec un cycle plus dynamique », que ce soit pour préparer les 10 km à venir ou rappeler au corps qu’il doit aussi savoir courir vite. Il s’en souviendra (et vous en remerciera) lors des semis et marathons de l’automne…
 
Cyril Pocréaux pour j'aime courir
 
« C’est un vrai travail de vitesse qui sera utile pour la suite : les coureurs hors stade de bon niveau gardent toujours un lien avec la piste. »
Rédaction J'aime Courir, le 19/03/2021 13:21:00
Ce conseil d'expert a été réalisé avec le concours de :
Patrice BINELLI
Responsable du service entraînement
Brevet d 'état 2è. degré - Entraîneur FFA Running 3è. niveau
Cadre Technique et responsable National des courses Montagne
Patrice BINELLI
Responsable du service entraînement
Brevet d 'état 2è. degré - Entraîneur FFA Running 3è. niveau
Cadre Technique et responsable National des courses Montagne
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